Le Garçon de Marcus Malte

Le garçon de Marcus Malte n’a pas de nom. Né dans le sud de la France à la fin du 19e siècle, il est élevé par sa mère dans la nature. Quand s’ouvre le roman de Marcus Malte, celle-ci vient de mourir. Il est donc désormais seul pour affronter un monde dont il ignore tout. Il ne sait même pas parler.

Le roman se déroule comme un (très long) roman initiatique au gré des attachements du garçon. Il vit d’abord dans un village isolé peuplé de quelques habitants qui finissent par le chasser, le croyant malfaisant. Puis avec Brabek, l’ogre des Carpates, un saltimbanque dans une roulotte et parcourt donc la France.

Quand Brabek meurt, le garçon reprend la roulotte mais ne tarde pas à avoir un accident. Bienheureux accident puisqu’il lui permet de rencontrer Emma (la chauffarde) et son père Gustave qui en quelque sorte l’adoptent. Il ne parle toujours pas mais s’épanouit et, disons, se civilise. De nombreuses années passent jusqu’à ce qu’Emma et le garçon découvrent ce qu’un homme et une femme peuvent faire ensemble. C’est alors un festival de jambes en l’air sur un air de bonheur qu’interrompt la Première Guerre mondiale.

Malheureusement, très malheureusement car cette lecture m’a été conseillée par Philippe pour mes 20 ans de blog, je me suis vite ennuyée. Le style de Marcus Malte n’y est pas pour rien. De longues phrases souvent descriptives, voire des listes de plusieurs pages de noms, comme ceux de tous les parents de l’archiduc assassiné à Sarajevo le 28 juin 1914 (4 pages). Ou la liste des morts du 2e régiment de marche du 1er étranger durant la bataille de Champagne avec les dates et lieux de naissance et de décès de chacun (11 pages). Qui lit ça ? A quoi cela sert-il ?

Les pages quasi érotiques concernant la relation du garçon et d’Emma sont plaisantes au début mais finissent par ennuyer même si les amants font preuve de beaucoup d’originalité. D’ailleurs ce genre littéraire finit toujours par m’ennuyer.

J’ai mené la lecture à son terme mais même les pages sur la Première Guerre mondiale n’ont pas réveillé mon intérêt. Même si le garçon, qu’on appelle alors Mazeppa, sauve la vie de Blaise Cendrars devant la ferme Navarin, épisode « anecdotique » s’il ne s’agissait du grand poète (mais pourquoi Marcus Malte ne le nomme-t-il pas ?). Cette scène fait partie des rares que j’ai appréciées, avec celle de la reconstitution de la Nativité.

J’ai parcouru Babelio pour savoir ce que les lecteurs pensaient de ce roman (i.e. les lecteurs inscrits sur Babelio, ce qui n’est qu’un échantillon à mes yeux pas du tout représentatif). Certains lecteurs parlent de « déflagration littéraire », de « magnifique fresque avec des personnages inoubliables », d’une « déflagration qui vous pulvérise l’esprit par tant de talent incandescent et multiforme ». D’autres évoquent quand même un supplice de lecture… Les avis sont donc très tranchés.

Je crois que dès le départ, je n’ai pas adhéré au style poétique de l’auteur qui pour moi en fait trop. Je suis en général d’ailleurs très peu adeptes des débordements lyriques de certaines plumes françaises. Le style est sophistiqué, voire ampoulé. Il se voit, il pèse lourd.

De plus, Marcus Malte ne relève pas le défi d’un héros muet et inexpressif. C’est au final un personnage inintéressant car on ne connaît rien de ses sentiments, ses envies, ses espoirs. Tous les autres sont plus intéressants que lui.

Ces 534 pages (quand même) en compagnie du garçon ont donc été difficiles.

Marcus Malte sur Tête de lecture

 

Le Garçon

Marcus Malte
Zulma, 2016
ISBN : 9782843047602 – 534 pages – 23,50 €

 

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34 réponses à « Le Garçon de Marcus Malte »

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