Châtiment de Percival everett

Je me faisais un plaisir de retrouver Percival Everett (oui, ce billet commence mal). J’aime son humour intelligent souvent grinçant. Il dénonce le racisme de la société américaine qui n’a jamais cessé de considérer les Noirs comme des citoyens de seconde zone (au mieux). Mais mon intérêt est allé décroissant au fur et à mesure de la lecture de Châtiment.

La scène d’ouverture est assez drôle puisqu’elle permet de se moquer allègrement d’une famille blanche américaine vraiment très bas du front. De purs redneks comme on aime les détester, complètement abrutis, vulgaires et se reproduisant à toute vitesse. Quand heureusement le père est assassiné, comment s’en attrister ? On pourrait se plaindre que l’assassin ait oublié ses quatre enfants qui dans quelques années ne vaudront guère mieux…

Ce premier crime est suivi d’un deuxième selon le même modus operandi, d’un troisième, d’un quatrième… hélas. La répétition est lassante. Mais intrigante dans un premier temps. Car ces messieurs sont bel et bien massacrés mais pas seuls sur les scènes de crimes. Il y a toujours à leurs côtés un Noir, mort lui aussi, tenant leurs couilles à la main. Et c’est toujours le même, toujours le même Noir.

Deux agents (noirs) du MBI (Mississippi Bureau of Investigation, ne cherchez pas) arrivent pour enquêter à Money, Mississippi. Bientôt rejoints par une agente spéciale du FBI, noire elle aussi. On se doute que le boulot ne va pas être facile (surtout si le nom de cette ville résonne à vos oreilles), et on a raison. Parce que les quelques crimes de Money vont dégénérer en guerre raciale.

Malheureusement, je n’ai pas marché. L’humour joue ici en partie sur la répétition mais elle m’a plus accablée que réjouie. C’est long, très long. Les dialogues rednecks sont savoureux au début mais lassants aussi : on n’est pas loin de trois « putain » par page… Et l’intrigue policière dans tout ça ? Eh bien on peut s’asseoir dessus… Bien sûr, les lynchages que dénonce Percival Everett sont tragiques et bien sûr, ce Sud raciste est à vomir, mais les moyens littéraires employés ne sont pas convaincants.

Ingannmic et Keisha ne sont pas de mon avis. Un roman lu dans le cadre d’Un hiver polar.

Percival Everett sur Tête de lecture

 

Châtiment

Percival Everett traduit de l’anglais (américain) par Anne-Laure Tissut
Actes Sud (Actes Noirs), 2024
ISBN : 9782330186166 – 368 pages – 22,50 €

The Trees, parution originale : 2021

 

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35 réponses à « Châtiment de Percival everett »

  1. keisha41
      1. keisha41
  2. bulledemanouec671473c7
  3. luocine

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