
C’est en 1981 qu’eut lieu une catastrophe atomique que les hommes appelleront par euphémisme, l’Accident. Depuis cette date, les hommes et la plupart des mammifères supérieurs sont stériles et peu à peu, les êtres vivants vieillissent. Le monde se dirige lentement vers la fin du genre humain.
Comment ses derniers représentants peuvent-ils encore trouver une raison de vivre ? Pourquoi travailler si les fruits de leur labeur ne profitent à personne ? Pourquoi manger, pourquoi survivre, pourquoi aimer ? Algy Timberlane, dit Barbe-grise, a choisi de fuir avec sa femme, de quitter la petite dictature à laquelle les soumet un potentat local, cruel et à moitié fou. Mais pour aller où et trouver quoi ?
Avant celle-là, Algy et Martha ont vécu d’autres dictatures, sortent de gérontocratie des temps ultimes. Ils ont aussi vécu la guerre et participé à l’aventure de DHUC (Documentation d’Histoire Universelle Contemporaine), organisation universaire chargée de regrouper la mémoire universelle pour qu’il reste une trace du genre humain : qui sait si un jour… car des enfants sont tout de même nés, monstrueux et atrophiés, mais peut-être qu’en les faisant se reproduire, on parviendra à retrouver des gènes purs, non irradiés…
Un roman d’anticipation sur la fin du genre humain par l’un des chefs de file de la SF anglaise. Les prévisions sont des plus pessimistes mais le héros est extrêmement attachant car à la fois droit, déterminé et capable d’un certain détachement qui dédramatise une situation pour le moins irréversible. Les affrontements de pouvoir et d’autorité entre les derniers humains sont consternants de réalisme…
Barbe-grise
Brian Aldiss traduit de l’anglais par Claude Saunier
Denoël (Présence du Futur n°95), 1991
237 pages
Grey Beard, parution originale : 1964