L'avant-poste de Dmitry Glukhosky

Une guerre a ravagé la Russie, la Grande Russie. Moscou existe toujours mais loin, très loin de l’avant-poste chargé de lui signaler toute incursion, Yaroslav. Il se trouve au bord d’un fleuve aux émanations toxiques, jadis nommée Volga, et qu’enjambe un pont de voie ferrée. Au-delà, on dit que c’est la désolation. Depuis des années, on n’a jamais vu personne venir. Mais il faut surveiller quand même…

Et un jour, un homme émerge de la brume. C’est une sorte de prophète, sourd et fou à coup sûr, seul survivant de sa communauté religieuse. Il y a donc des êtres humains au-delà… On voudrait en savoir plus mais l’homme n’a que repentance et destruction à la bouche. Et puis, il est sourd…

Alors à l’avant-poste on continue comme avant. Polkan dirige la communauté qui y survit. Elle reçoit les provisions qui lui assure sa survie de Moscou car émanations toxiques et pluies très acides empêchent toute agriculture. Mais Moscou n’est pas pressé de nourrir l’avant-poste, on peut même dire qu’elle le néglige. Alors la communauté s’inquiète puis grogne. La colère monte tandis que le fou surgi de la brume fait entendre son discours religieux.

Iegor lui n’entend rien. Il est le fils de Polkan, son fils adoptif plus exactement. Sa mère est un peu gitane, un peu diseuse de bonne aventure. Lui n’a d’yeux que pour Michèle, de quelques années son aînée. Née et élevée à Moscou, elle n’a envie que d’y retourner, de quitter ce trou désolé. Mais que reste-t-il vraiment de Moscou et comment y aller ?

Plusieurs pistes se dessinent pour entretenir l’intérêt du lecteur. L’histoire entre Iegor et Michèle est à mes yeux la moins intéressante. Celle du prêtre survivant l’est beaucoup plus car elle évoque la manipulation des esprits par la religion. On suit aussi avec curiosité le jeune Iegor qui a l’étrange capacité de parler avec les morts (non pas des visions mais avec des cadavres) qui lui répondent.

Mais le mystère essentiel tient dans l’inconnu qui cerne l’avant-poste : au-delà du pont et du côté de Moscou. À Moscou sans doute quelques privilégiés corrompus jusqu’à l’os qui ne veulent partager leurs avantages avec personne. Au-delà du pont, sans doute des vivants, au moins une forme de vie, mais de quel ordre ?

C’est la série Métro qui a rendu Dmitry Glukhovsky célèbre et que je souhaitais lire. Je n’ai pas trouvé de version audio alors j’ai choisi ce titre qui ne se déroule pas dans le même univers. Mais qui pour l’instant n’est disponible qu’en version audio, la version papier étant prévue pour février 2026. On me pardonnera donc l’orthographe des noms russes… La lecture de Julien Chatelet est très convaincante et m’a menée au bout de ce premier volume. J’aurais sans doute abandonné la version papier parce que tout ça est vraiment très lent. C’est une ambiance à la Désert des tartares et même si quelque chose émerge à l’horizon, c’est long.

J’ai apprécié le flou qui flotte sur ce monde post apocalyptique, le fait que certaines choses étranges (comme la capacité de Iegor à parler avec les morts) ne soient pas expliquées. Mais rien dans cette ambiance ne m’a semblé très russe, au sens où cette histoire pourrait se dérouler aux États-Unis, à Berlin ou Paris (les distances en moins). Bref, je ne sors pas passionnée de cette lecture mais audiolirai sans doute Métro si possible.

 

L’avant-poste

Dmitry Glukhovsky traduit du russe par Raphaëlle Pache
Parution de la version audio : mars 2025 (Storyside), 10 h 30
Parution de la version papier : février 2026 (Robert Laffont), 368 pages





21 responses to “L’avant-poste de Dmitry Glukhovsky”

  1. luocine
  2. keisha41
  3. je lis je blogue
  4. bulledemanouec671473c7

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