Ecrits fantômes de David Mitchell

Si je vous dis pourquoi Ecrits fantômes ressort des littératures de l’Imaginaire, je vais vous gâcher une partie de la lecture. Sachez que ce livre étrange ne se laisse pas aborder facilement. Et une fois définitivement refermé, il ne vous livrera pas tous ses secrets.

Pourtant les deux derniers chapitres valent la peine d’aller jusqu’au bout. En particulier l’avant-dernier mettant en scène un animateur de radio new-yorkais et le mystérieux « Gardien du zoo ». Un tour de force stylistique, tout en dialogues.

A travers les destins d’une dizaine de personnages entre Okinawa et New York, David Mitchell offre à son lecteur attentif un jeu de piste et de destins croisés. Le jeu est assez déstabilisant, tant est ténu le fil entre certains protagonistes. Le héros du second chapitre reçoit par erreur un coup de téléphone de celui du premier et jamais plus ils n’auront à faire ensemble. Le premier est membre d’une secte apocalyptique, le second est un disquaire fan de jazz. Et qu’ont donc en commun cette trafiquante de tableaux et son mac à Saint-Petersbourg et la vieille femme mongole qui parle aux arbres ? Pas grand chose, presque rien. Mais le destin des uns influence celui des autres. Comme si chacun dansait sans le savoir sur la musique du hasard.

Certains de ces récits de vie sont captivants, d’autres lents et d’autres carrément ennuyeux. Pourtant, le très rébarbatif récit de la physicienne quantique (qui a bien failli me faire abandonner en cours de lecture, à cent pages de la fin…) prend tout son sens vertigineux dans le fameux « train de nuit » de Bat Segundo, animateur de Night Train FM.
Ce livre-là se mérite, on n’en lit pas deux dans l’année, alors courage.

 

Ecrits fantômes

David Mitchell traduit de l’anglais par Manuel Berri
L’Olivier, avril 2004
530 pages, 21€

Ghostwritten, parution originale : 1999





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