
Au chômage depuis plusieurs années, David est prêt à accepter à peu près n’importe quel boulot, comme celui de bon à tout faire dans une clinique du bout du monde, que tout le monde fuit. Le patron, le professeur Minski, rejeté de tous, y poursuit ses recherches très personnelles. Il travaillerait à des expériences susceptibles d’améliorer l’état des malades atteints de « dégénérescence osseuse psychosomatique », maladie des dépressifs dont le squelette décalcifié se brise en multiples fractures. Après une petite étape dans la ville de Saint-Alex qui accueille des curistes atteints de ce nouveau mal, les plâtreux, David arrive à la clinique du docteur Minski où la seule employée est une infirmière qui écoute de la musique qui rend fou. Les malades sont tous végétatifs, occupés à la fabrication mentale de coquilles qui les enferment.
On est très largement déçu par ce texte où tout va trop vite, où les personnages n’ont que très peu de consistance psychologique. On retrouve les idées bizarres et captivantes de Brussolo (les gens qui se brisent en un instant, se vidant comme des ballons inspirés de l’intérieur), mais les bonnes idées ne sont pas fouillées. Le personnage du savant fou aurait mérité d’être mieux exploité. Les manifestations et la prise de la ville par la police suite aux meurtres inexpliqués (Minski a en fait travaillé sur des insectes-tueurs) sont tout sauf crédibles. Bref, c’est bâclé, on n’a même pas peur… à quoi bon cette réédition ?
Serge Brussolo sur Tête de lecture
La colère des ténèbres
Serge Brussolo
Vauvenargues (Les Intégrales de Brussolo n°7), janvier 2005
218 pages, 6€