
Autant le dire d’emblée, il ne se passe rien, ou presque, dans ce troisième tome, découpé à la française. Pas même de petite bataille, comme le titre pourrait le laisser penser. Chaque clan continue d’avancer ses pions, selon son avantage, ne lâchant pas ses prisonniers mais tentant de nouvelles alliances.
Ned ayant été décapité au tome précédent, le clan Stark est en mauvaise posture, surtout les filles, l’une étant prisonnière des Lannister dont Joffrey, pur produit incestueux du clan, devient de plus en plus pervers. Arrya, toujours aussi fraîche, s’enfuit avec une troupe de sans foi ni loi vouée au Mur. Les deux frères de Robert Barathéon se sont déclarés ses héritiers légitimes et voilà donc le Trône de fer avec trois prétendants. Lord Stannis apparaît tout de suite comme inflexible et froid, l’inverse de son défunt frère et de lord Renlis, qui se démène au loin, sans qu’il n’ait encore voix au chapitre. Jon apparaît deux fois sans que la recherche de son oncle avance d’un cheveu et Theon, du clan Greyjoy rentre chez lui, sans que l’on sache ce que son retour va impliquer. La seule chose qui reste sûre, c’est que Tyrion Lannister tisse sa toile, patiemment, et que Daenerys, dernière héritière des Targaryen, reviendra.
On en apprend un peu plus sur le passé mythique des Sept Couronnes (la construction du château de Harrenhal, la victoire d’Aegon le Dragon sur le royaume d’Harren le Noir…).
Un tome donc beaucoup moins palpitant au niveau de l’action, où la mise en place des personnages avant l’affrontement se fait lentement, parfois sans lien évident. Soyons patients…
George Martin sur Tête de lecture
Le Trône de fer – 3 : la bataille des rois
George R. R. Martin traduit de l’anglais par Jean Sola
J’ai Lu Fantasy (n°6090), décembre 2001
411 pages, 8€