Nina des loups d'Alessandro Bertante

L’apocalypse a aussi atteint l’Italie. Voici donc une version italienne de l’après catastrophe, celle d’Alessandro Bertante, la deuxième qui nous parvienne, je crois.

Faisons court puisque nous sommes en territoire connu : récession, crise financière, faillite des banques puis chômage, pillages et retour à la sauvagerie, sauve qui peut. Tout ça n’est qu’évoqué car le roman s’ouvre sur le village montagnard isolé de Piedimulo, trois ans après la catastrophe. La communauté vit en autarcie et subvient à ses besoins sous la gouverne juste et ferme d’Alberto. Le seul moyen d’accès, un tunnel, a été obstrué. A force de travail et de discipline, les villageois s’en sortent. On n’est pas bien loin de la communauté idéale.

Mais voilà que surgissent les pillards qui ne font qu’une bouchée de ceux qui tentent de s’opposer à eux. Ils sont la force brute, sans scrupules ni sentiments. A leur tête Fosco, le plus taré de tous, bien sûr. Il fait tuer Alberto et sa femme, couche Giovanna dans son lit et enferme Diana dans la vieille église parce qu’il n’est pas bien certain que les malédictions de celle qu’il voit comme une sorcière ne lui portent pas malheur.

Nina, treize ans, parvient à fuir le massacre des siens et à se réfugier dans la montagne, au-delà du ruisseau symbolique qui partage le territoire des hommes de celui des loups. Elle rejoint Alessio dont son grand-père lui a révélé l’existence solitaire. L’homme vit avec ses loups Tito et Alma, loin du monde des hommes. Il accepte cependant la jeune fille qui à la fin du long hiver est devenue sa maîtresse.

J’ai trouvé ce roman d’Alessandro Bertante assez fade, à la fois dans l’écriture et dans le contenu. La petite communauté qui vit comme si rien ne pouvait lui arriver, les gentils grands-parents, l’homme bourru qui s’apprivoise, les pillards et leur chef mégalomane et violent : tout ça est assez convenu. L’originalité réside dans la relation entre Nina et les loups, qui n’est cependant guère développée. Au-delà, la nature tient une place importante dans le roman, elle est beaucoup décrite dans ses interactions avec les hommes, à la fois menaçante et salvatrice. Je suis malheureusement peu sensible à cette thématique qui m’ennuie rapidement.

Les personnages d’Alessandro Bertante sont à l’avenant, assez traditionnels. J’ai eu du mal à croire en l’histoire d’amour entre Nina et Alessio et trouvé le dialogue final entre eux très peu naturel.  Leur relation aurait mérité un peu plus d’intensité pour être crédible à mes yeux.

Puisqu’en ce début d’année sortent deux romans italiens dans le genre post-apocalyptique, ma préférence va à L’homme vertical de Davide Longo.

 

Nina des loups

Alessandro Bertante traduit de l’italien par Jean Justo Ramon
Fleuve Noir, mars 2013
248 pages, 18.50€

Nina dei lupi, parution originale : 2011







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