Mes débuts de blogueuse
Il y a 20 ans jour pour jour, le 6 janvier 2004, je publiais mes premières chroniques sur mon premier blog de lecture. Mon premier site plutôt puisqu’il n’y avait pas, à ma connaissance, de logiciels de publication de blogs. Il s’appelait Mes Imaginaires. C’était techniquement complexe, mais j’étais aidée. Merci à celui qui m’a alors fait faire mes premiers pas. Il n’y avait pas à l’époque de plateforme pour construire un blog. Non plus de Babelio et toutes ces communautés de lecteurs. J’étais bibliothécaire, j’avais 34 ans, trois enfants âgés de 5 à 12 ans, des lunettes déjà et deux chats.
J’ai créé Mes Imaginaires sur Free comme support à la première formation que je proposais (les littératures de l’Imaginaire), donc sous mon vrai nom, comme ce blog aujourd’hui. Ça me permettait de me souvenir de mes lectures et de proposer à mes stagiaires de continuer à me suivre après le stage. Mes chroniques étaient vraiment très courtes… J’étais alors bibliothécaire dans l’ouest parisien. Je me rendais compte que mes collègues ne connaissaient rien aux littératures de l’Imaginaire. D’où cette première formation en 2004, que je donnerai encore en octobre prochain…
Rapidement, il y a eu des logiciels de gestion de contenu : j’ai choisi Overblog en avril 2008. C’était révolutionnaire : vous alliez pouvoir laisser des commentaires ! Et sur un blog, les commentaires, c’est la vie (j’y reviendrai plus loin…).
J’ai quitté l’ouest parisien pour le Loir-et-Cher en 2004, mais toujours en ville (Vendôme puis Blois). Si j’ai déménagé mon blog sur Overblog en avril 2008, c’est parce qu’en février 2008, j’ai ouvert un second blog sur cette plateforme. Il s’appelait « Le blog d’Yspaddaden » et concernait toutes mes lectures autres qu’imaginaires. J’ai choisi un pseudo pour bien séparer les deux blogs. Je n’ai jamais regretté d’avoir distingué les deux. J’ai toujours trouvé la blogosphère imaginaire beaucoup moins conviviale que l’autre, avec tout un tas de gens qui pensaient réinventer l’eau chaude, et moins d’interactions. Il faut dire qu’à partir de 2008 et pendant 10 ans, j’ai été jurée du Grand Prix de l’Imaginaire, ce qui ne m’a pas valu que des amis.
En 2013, Mes Imaginaires ont déménagé sur WordPress (la version libre), perdant commentaires, abonnés et référencement. Le blog d’Yspaddaden a déménagé sur le même WordPress, avec les mêmes conséquences. Je ne sais plus à quelle date exactement le titre est devenu « Tête de lecture » (en gardant l’adresse yspaddaden.com). Mais les blogueuses continuaient à m’appeler Ys. C’était la grande époque, j’y reviens tout de suite.
Le blog aujourd’hui
Ma vie a été bouleversée par un coup de foudre en octobre 2017. Résultat : beaucoup moins de lecture, beaucoup moins de billets de blogs pendant trois ans. Et puis, à la faveur d’un confinement, c’est revenu. Je n’étais plus bibliothécaire mais enseignante dans le post bac. Et toujours formatrice avec un catalogue de formations beaucoup plus varié.
Fin 2021, j’ai plaqué le salariat, la ville et mon ancienne vie pour m’installer en Bretagne nord (la vraie!). Je ne pouvais plus payer les espaces pour abriter mes blogs donc j’ai transféré Tête de lecture sous WordPress.com (la version non philanthropique de WordPress…). D’où beaucoup, beaucoup moins de fonctionnalités et surtout, nouvelle perte de référencement, de liens et d’abonnés. Depuis quelques mois, je réintègre les billets de Mes Imaginaires sur Tête de lecture. A présent je n’ai plus deux têtes, mais une seule !!
Je paie quand même un petit pécule à WordPress.com pour qu’il n’y ait pas de publicités sur mon blog. Je ne sais pas si les blogueurs sous WordPress.com se rendent bien compte des pubs qui s’affichent sur leurs blogs. Elles se trouvent en plein milieu des billets et n’ont absolument rien à voir avec les livres. Quelques exemples :



Ma vie dans mon trou breton est extrêmement épanouissante. Je suis végétarienne, adepte du zéro déchet, de la décroissance, de l’autosuffisance, du réemploi et du détachement. Plus de réseaux sociaux, pas d’information, pas de télé, pas de supermarchés. Je me contente volontairement de peu, c’est très épanouissant. Je consacre beaucoup de temps à mon potager. MAIS, car il y a un gros mais… l’approvisionnement en livres est compliqué. Lannion, la grande ville la plus proche (8 kilomètres) demande 40 € par an pour s’abonner à la bibliothèque municipale. Oui, vous ne rêvez pas, 40 € ! J’en ai payé 20 mais suis très loin de trouver mon bonheur sur les étagères. La pauvreté de l’offre culturelle dans nos belles provinces est une bien cruelle réalité.
Pour acquérir des livres, c’est la débrouille : la bibliothèque parfois, des échanges (papier ou fichiers), des achats toujours d’occasion (Recycle Livres, Emmaüs, Gibert…). Je n’ai pas acheté de livres neufs depuis plusieurs années, pas les moyens.
Quand j’ai arrêté Mes Imaginaires en 2019, le blog comptait 1 135 chroniques de livres : 80 % d’entre elles se trouvent désormais sur ce blog, parfois sans image ni commentaire, disparus durant le transfert. Je reprends ces chroniques d’imaginaire à la main une par une pour les mettre d’aplomb, supprimer les liens cassés, ajouter des images : c’est fort long. Il en reste 270 environ, essentiellement en littérature jeunesse pour le GPI, je pense qu’elles finiront à la poubelle.
Je fais partie de celles qui changent l’apparence de leur blog tous les quatre matins. J’aime les thèmes sobres, sans trucs clignotants, sans gadgets partout. Juste le texte. L’actuel me plaît car il met en valeur les mots clés qui me semblent pertinents pour faire des recherches. Je fais moi-même les liens « Sur le même thème » en fin de chronique car je trouve ceux générés par l’algorithme WordPress à côté de la plaque en général.
Aujourd’hui (6 janvier 2024), Tête de lecture c’est : 2 201 chroniques de livres répartis selon mon ressenti (à éviter, à discuter, à lire, à lire absolument, indispensables). J’ai effectué des calculs dantesques pour ce bilan et donc, en 20 ans, j’ai chroniqué 1 593 auteurs :
- 587 auteurs français (787 chroniques)
- 379 auteurs américains (519 chroniques)
- 173 auteurs britanniques (248 chroniques)
- 64 auteurs espagnols (84 chroniques)
- les autres nationalités (67 en tout) sont en-dessous de 30 par pays.
Pour ce qui est des auteurs les plus chroniqués (en littérature adulte), il faut donner des précisions. Le grand vainqueur est Stephen King avec lequel j’ai ouvert cette année 2024 et qui est aussi mon tout premier billet. Puis viennent Robin Hobb (dernier livre lu en 2011) et George Martin (dernier livre lu en 2009) pour la bonne raison que leurs livres sont tronçonnés en deux ou trois par leur éditeur français (Pygmalion) qui pense avant tout à se faire le plus d’argent possible. Puis viennent Joyce Carol Oates et Dennis Lehane. Les auteurs français les plus chroniqués sont Pierre Bordage, Jean Teulé, Fabrice Caro, Serge Brussolo, Pierre Lemaître. Les auteurs de l’Imaginaire sont très représentés en raison de mon activité de jurée du GPI pendant 10 ans.
Palmarès des éditeurs : Gallimard, Actes Sud, Le Seuil, Albin Michel, Rivages. Des genres (selon mes mots clés) : roman historique, roman policier, non fiction, roman noir, BD. Des thèmes (idem) : humour, Seconde Guerre mondiale, portrait de femme, famille, Première Guerre mondiale.
En dehors des chroniques livresques, il y a 69 chroniques ciné, 12 séries télé et 11 billets d’humeur. Pas de « C’est lundi que lisez-vous », « Top Ten Tuesday » et « Le mercredi c’est ravioli ». Je participe à peu de challenges et de lectures communes car je n’arrive pas à me discipliner. Mais j’ai créé un blog pense-bête pour tous ceux qui participeraient bien mais oublient : Lectures communes.
En 20 ans de blog, j’ai parfois reçu des commentaires désobligeants, surtout sur Mes Imaginaires, mais vraiment très peu. La plupart de la part d’auteurs qui me conseillaient d’arrêter de lire, car je ne comprenais rien (à leur prose géniale, bien sûr). Parfois c’est vrai, je suis un peu rude, mais j’essaie de justifier mon point de vue. Je chronique les livres que j’ai aimés comme ceux que je n’ai pas aimés. Je reçois aussi des messages ou commentaires d’auteurs pour me remercier. Et quantité d’offres d’auteurs auto-édités qui me proposent leurs livres mais je ne suis pas preneuse.
Parmi les mauvais souvenirs, j’ai été pourchassée par un cabinet d’avocats pour utilisation d’une photo (trouvée innocemment sur le net) sans autorisation. Dès réception de la plainte et la mise en demeure de payer (sans courrier préalable), j’ai retiré la photo incriminée. Mais ils ont continué à me menacer. Très mauvais moments qui ont aussi contribué à la disparition de Tête de lecture sous la forme yspadaden.com.
La grande époque
Les grandes années, c’était sans conteste entre 2006 et 2012 environ. Je crois que la majorité des plus vieux blogs encore en activité datent des années 2006 – 2010.
Nous étions une poignée et nous nous connaissions quasi toutes. Certaines avaient beaucoup d’influence, souvent celles qui avaient du style. Qui se souvient de Clarabel, Fashion, Erzebet, Caroline, Amanda ? Toutes des Parisiennes de mémoire, donc proches de Dieu ! Beaucoup ont arrêté leurs blogs. Sauf Clarabel qui depuis 2006 continue de publier mais n’a plus aucune interaction alors que son blog était à l’époque très commenté et même leader. Je n’ai jamais su pourquoi elle avait pris un tel virage. Plusieurs ont trouvé des boulots en lien avec l’écriture (Fashion, Leiloona, Yann, Stéphie…) sans forcément en vivre. Moi aussi d’ailleurs puisqu’aujourd’hui, je suis sortie de la misère car j’écris des podcasts historiques pour Europe 1 (oui, je sais, Lagardère, Bolloré…) depuis l’été 2023 (en plus de ceux sur les faits divers pour un autre producteur depuis 2020).
Nous organisions des swaps thématiques. Chacun, plutôt chacune, devait envoyer un colis surprise sur un thème donné à une participante qui ne savait pas qui lui concoctait son colis. Perso, je n’oublierai jamais le colis London Swap (que j’organisais en 2008) que j’ai préparé pour Karine, la Québécoise. Il contenait un DVD de la série Doctor Who et c’est ainsi que Karine l’a découverte et qu’elle est devenue fan absolue. Et surtout, avec mes enfants, nous avons confectionné à base de papier crépon un Union Jack pour emballer le paquet qui devait donc traverser l’océan. J’ai retrouvé traces (non sans émotions) de ce swap sur le blog de Karine. J’y ai pris cette image (souvenirs, souvenirs…) :

Ces swaps étaient toujours confectionnés avec soin et originalité pour faire plaisir et étonner sa/son destinataire. C’était un peu loufoque d’envoyer un colis à quelqu’un qu’on n’avait jamais vu ni entendu. Mais la fréquentation assidue d’un petit nombre de blogs à l’époque faisait qu’on avait l’impression de se connaître, et même parfois d’être proches. Aujourd’hui, je pense que les swaps ont totalement disparu.
C’était aussi l’époque où les journaux faisaient des articles sur les blogs littéraires. Il y a eu un dossier dans Le Magazine des Livres et un article dans Télérama. La grande classe pour ceux qui étaient cités (ce n’était pas mon cas), je n’en ai plus la liste…
Les blogs avaient une visibilité et donc une légitimité qui leur valaient des Services de Presse à tout va de très nombreux éditeurs. Ainsi que des relations qu’on croyait privilégiées avec les attachées de presse. Je recevais plusieurs livres par semaine dans ma boîte aux lettres. Je trouvais ça formidable.
En fait, ces éditeurs utilisent les blogueurs pour qu’ils parlent de leurs livres, en bien ou en mal peu importe, pour être vivant un livre doit faire parler de lui. Alors on lit des monceaux de livres sans beaucoup d’intérêt et on passe au suivant. On essaie de ne pas faire de chroniques trop méchantes pour continuer à recevoir des SP. Puisque j’ai fait du rangement sur mon blog pour ces 20 ans, je me rends compte que j’ai tout oublié de certains livres, et c’est tant mieux. Mais surtout que j’ai lu ce qu’on voulait me faire lire et suis passée à côté de mes envies. Aujourd’hui plus de SP, plus de course à la nouveauté, plus de rentrée littéraire.
J’ai aussi laissé tomber tous les réseaux sociaux, personnels ou pour le blog. Ils sont beaucoup trop chronophages et superficiels. Ce sont des vitrines qui ne ressemblent bien souvent pas à leurs propriétaires mais présentent des vies ripolinées. C’est souvent un lieu d’idées toutes faites et un tribunal populaire. Pour suivre Tête de lecture, abonnez-vous, ça me fera très plaisir.
Bien des rencontres ont eu lieu. Qui se souvient de « Books & the City », jeu de piste littéraire qui de mémoire a connu trois éditions (de 2009 à 2011) ? J’ai participé à plusieurs rencontres parisiennes (dont un pique-nique je ne sais plus où en 2008, il y avait l’écrivain Antoine Laurain), d’autres au festival America ou à des rendez-vous moins formels au cours d’autres festivals comme Étonnants Voyageurs à Saint-Malo. A l’époque, j’animais des rencontres au cours de ces festivals. Et comme depuis vingt ans, j’arpente la France en tant que formatrice, ça me donne l’occasion de rencontrer des blogueuses. Par exemple Athalie, Aifelle, Simone ou Yueyin.
Depuis que j’ai quitté le Loir-et-Cher, je ne vois plus Keisha aussi souvent qu’avant. Mais, j’ai rejoint un cercle de lectrices parfois blogueuses tout à fait sympathiques et bretonnes. Sylire en fait partie. Cathe a été blogueuse mais s’est convertie à Babelio, la traîtresse ! Nous arpentons notre magnifique Trégor chez l’une chez l’autre et nous papotons livres…
Les blogs ont créé des liens qui n’ont rien de virtuels. Deux exemples. Un jour de Japan Expo, le dévouement de Marilyne a sauvé mes filles adolescentes d’une nuit sur le pavé parisien. Et un jour de décembre 2018, alors que j’allais devoir pour la première fois enseigner (et à une classe de 1ere passant le bac de français en fin d’année), Caroline m’a ouvert les portes de chez elle. Elle m’a briefée pendant une après-midi alors que nous ne nous étions jamais rencontrées « en vrai ». Autant dire qu’elle m’a sauvé la mise.
J’ai repris le blog avec régularité, il y a environ deux ans. J’ai alors retrouvé les amies qui m’attendaient comme si j’avais publié la veille. Parmi les Grandes Anciennes et très fidèles : A Girl, Aifelle, Alex, Athalie, Choup, Ingannmic, Kathel, Keisha, Luocine, Nathalie, Marilyne… et beaucoup d’autres. J’ai croisé certaines d’entre vous durant toutes ces années. Mais pas l’énigmatique Ingannmic, ça sera le défi des 20 années à venir !
Ces amitiés et ces solidarités m’ont poussée à organiser beaucoup d’événements au cours des années. Comme une chaîne de livres par exemple : chaque participant choisissait un livre qui tournait jusqu’à lui revenir. C’était le principe du livre voyageur, qui ne se fait plus. J’ai lancé des défis « Lire le monde », « L’Europe des écrivains » (qui suivait les épisodes de ce programme d’Arte), « Anniversaires d’écrivains ».
Et un voyage à Bruxelles en 2008. Il y avait Marilyne, Brize, Manu, Choco, Cynthia, Liliba, Lounima, Cécile. Et grâce à des fouilles archéologiques, j’ai retrouvé des photos sur le blog de Nikki. C’était vraiment génial. On trouve encore un compte rendu très détaillé de ce week-end inoubliable sur le blog (inactif) de Liliba.

La blogosphère aujourd’hui selon moi
Aujourd’hui, tout ça me semble impossible. Il n’y a plus cette ambiance sur la blogosphère littéraire. Sans doute parce qu’il y a beaucoup plus de blogs. Mais aussi parce qu’il y a beaucoup de cloisonnement et d’individualisme.
Pour moi, ce qui permet aux blogs de vivre, ce sont les commentaires. J’ai un agrégateur qui compte 209 blogs ou sites littéraires (oui, je sais, c’est beaucoup trop). Ils sont divisés en trois groupes dont un (expérimental) réservé aux blogs auxquels je laisse des commentaires et qui ne m’en laissent pas en retour. Il y en a environ 80, par exemple : Ada, Antigone, Belette, Cannetille, Cathulu, Céline, Domi C Lire, Eve, Fanny, Gruznamur, Joëlle, Les pipelettes, Lire au lit, Marie-Anne, Miriam, Moka, Nicole, Roz, Yvan… pour n’en citer que quelques-uns qui par ailleurs commentent sur d’autres blogs.
Parmi eux, certains affichent le vieux logo « Mon blog se nourrit de vos commentaires ». Et le mien, non ? Dans les bilans de fin d’année, on précise parfois « n’hésitez pas à laisser des commentaires, ça fait toujours plaisir ». Ben oui… c’est pourquoi j’en laisse…
Je crois que la palme est à décerner à un blog qui affiche une fenêtre pop-up après quelques minutes de lecture sur laquelle on peut lire : « Participer à la vie du blog en laissant un commentaire ». J’ai laissé plusieurs commentaires sur ce blog mais jamais les propriétaires ne m’en ont laissé un.
Il peut y avoir mille et une raisons de ne pas laisser de commentaires sur un blog. Peut-être que ces blogueurs ne trouvent rien à commenter sur le mien. Ou peut-être que je ne leur reviens pas. Des problèmes techniques aussi. En ce moment, blogspot est un cauchemar. Il me faut vider mon cache à chaque fois que je veux laisser un com’, et ça ne suffit parfois pas. Mais je crois que beaucoup se créent une bulle relationnelle dont ils ne sortent plus, ils sont bien dedans et ne vont pas voir ailleurs. Et aussi qu’en cliquant sur le maudit bouton « J’aime », ça dispense d’un commentaire… J’ai essayé puisque WordPress.com dispose de cette fonction, mais je la trouve froide et désincarnée. Le bouton « J’aime » est au commentaire ce que le SMS est à la carte de voeux…
Voilà, moi ce que j’aime sur la blogosphère, ce sont les échanges, les gens qui parlent de livres et parfois un peu plus. Parce que la vraie révolution opérée par les blogs littéraires, c’est que les gros lecteurs qui se prenaient pour des extraterrestres isolés, voire même stigmatisés, ont découvert qu’il existait plein d’autres malades comme eux, dévorant les livres encore et encore depuis qu’ils savent lire. C’est sans doute pareil dans bien d’autres domaines, mais la lecture est d’habitude une activité solitaire. Depuis que je blogue, en lisant, j’ai toujours un papier et un crayon à portée de main et je pense à la façon dont je vais écrire mon ressenti. Je pense que je chronique 90 % de mes lectures.
Paradoxalement, la plupart des gens que je côtoie ignorent que je tiens un blog littéraire. Ou bien ils le savent mais ne se rendent pas compte de la place qu’il tient dans ma vie. C’est souvent parce qu’ils ne sont pas eux-mêmes de gros lecteurs. En fait, dans la vraie vie, je ne connais pas d’aussi gros lecteurs que moi, à part ceux rencontrés via mon blog. (Il ne faut pas croire que tous les bibliothécaires sont de gros lecteurs, certains sont bibliothécaires car ils n’ont pas pu être pilotes de ligne…) Et à part la maman de mon conjoint, femme érudite et cultivée, qui a malheureusement perdu l’an passé la capacité de parler (elle peut toujours lire, heureusement)… Nous échangions pourtant tellement sur nos lectures… La vie est cruelle…
Pour l’avenir
Je suis un peu triste d’avoir perdu en déménageant trois fois tous les liens faits vers « Mes Imaginaires », « Le blog d’Yspaddaden » et « yspaddaden.com » par d’autres blogs vers mes billets. Ce sont des liens cassés sur vos blogs qui ne mènent à rien.
Parmi ce que j’espère pour les prochaines années :
- continuer à bloguer pendant encore 20 ans ;
- retrouver le référencement perdu à cause des multiples déménagements ;
- continuer à découvrir grâce à vous des livres et des auteurs les plus divers.
En ce sens, et puisque vous m’avez lue jusque là, je voudrais vous demander de me proposer un livre formidable. Par son écriture, son histoire, ses personnages… comme vous voulez, mais formidable, qui vous tient à coeur et qui pourrait me plaire. Vous m’avez déjà beaucoup fait découvrir, au hasard de vos lectures, mais cette fois c’est un conseil personnalisé que je vous demande : un livre exprès pour moi. Attention évidemment, j’ai déjà lu deux trois livres : la liste des auteurs chroniqués en 20 ans peut vous aider. S’ils s’en présentent 20, j’essaierai de les lire en cette vingt-et-unième année.
Et pour finir bien sûr, MERCI. Merci à tous mes stagiaires qui me suivent dans l’ombre, merci à tous les blogueurs et blogueuses rencontrés, parfois furtivement. Merci tout particulièrement à ces blogueuses (et quelques blogueurs) qui commentent souvent et font vivre ainsi ce blog, ce petit bout de moi qui a pris tant d’importance en 20 ans. C’est un plaisir d’échanger avec vous, de m’enrichir grâce à vous, de savoir que vous êtes là.
Sandrine
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