Du thé pour les fantômes de Chris Vuklisevic

Je ne savais absolument rien de Du thé pour les fantômes avant de l’ouvrir. Même pas que Chris Vuklisevic était une romancière française, c’est dire. Par contre, je savais qu’il a provoqué une vague d’enthousiasme, du genre « J’ai été totalement embarqué dans ce roman », « un petit bijou », « une aventure poétique et grandiose »… (avis récoltés sur Babelio). Je me suis donc dit : « pourquoi pas moi ? ». Et à présent je me dis : « pourquoi pas moi ?! ». Oui, pourquoi ne suis-je pas tombée moi aussi sous le charme de cette histoire et de ce style ? J’aurais voulu succomber, je ne choisis pas un livre pour ne pas l’aimer… Mais non, malheureusement.

Deux sœurs, Félicité et Agonie, naissent dans la bergerie parentale de Begoumas, quelque part en Provence. L’une est aimée de sa mère, l’autre pas. Devinez laquelle… Il faut dire qu’Agonie n’a rien pour plaire, en particulier des dents qui d’emblée mordre le sein nourricier.

Félicité protège comme elle peut sa sœur, lui promettant d’être toujours là. Mais bien sûr, elle part, étudier à la ville puis au-delà pour étudier les thés. Agonie reste seule avec sa mystérieuse mère. Elle finit par se réfugier loin du monde. C’est parce que leur mère Carmine meurt alors qu’elle est le réceptacle de personnalités multiples, que Félicité part à la recherche de sa sœur. Elle va la retrouver et ensuite elles chercheront les parents de Carmine pour savoir qui elle était vraiment et donc qui elles sont.

Félicité est passeuse de fantômes : elle permet aux gens de rencontrer leurs défunts grâce à la magie des étranges thés. Agonie est sorcière, du genre qui crache des grenouilles sauf qu’elle, ce sont des papillons.

Et c’est tout en fait. Heureusement, il y a un narrateur, archiviste, qui dynamise un peu le récit. Il cherche à comprendre l’histoire d’un village disparu en 1956. Sinon, c’est d’une longueur infinie. À aucun moment cette histoire ne m’a intéressée. Pourtant, j’apprécie les histoires de fantômes et de sorcières, et si j’en lis moins depuis que je ne suis plus membre du Grand Prix de l’Imaginaire, c’est surtout par manque de temps. Mais ici, ça n’en finit pas. On va jusque dans le désert sans trop savoir pourquoi, pour traiter d’une guerre qui n’a pas existé, sans qu’on sache bien pourquoi. Voilà, tout est assez flou, mou et lent. Et surtout alambiqué (plusieurs jumelles sortent du chapeau) au point d’être rapidement oubliable. Trois jours après ma lecture, je ne sais pas/plus pourquoi Carmine/Carmen a agi comme elle l’a fait avec sa fille. A dire vrai, j’ai peiné à comprendre les motivations des personnages.

Plusieurs chroniques soulignent le style de Chris Vuklisevic qui ne m’a pas semblé inoubliable. Sauf dans le récit final qui donne dans le vers libre avec beaucoup de souffle. Clotilde Seille, lectrice de ma version audio, en fait un bon moment. Malheureusement, c’est à la toute fin et avant ça, je n’ai pas été sensible au style parait-il poétique de la romancière.

Bref, c’est un bide. Qui fait partie des finalistes pour le GPI francophone 2024 : un grand mystère…

 

Du thé pour les fantômes

Chris Vuklisevic
Denoël (Lunes d’encre), 2023
ISBN : 978-2-207-16993-3 – 448 pages – 21 €

 

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29 réponses à « Du thé pour les fantômes de Chris Vuklisevic »

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