
Si vous ne connaissez pas encore l’inspecteur Pendergast du FBI, c’est soit que vous venez pour la première fois sur ce blog, et dans ce cas : bienvenue, soit que vous ne suivez pas mes recommandations de lecture et ça, c’est mal. Je vous ai parlé pour la première fois de cet enquêteur atypique en 2010 et depuis, il ne m’a jamais déçue. Les croassements de la nuit est aussi un bon opus, dépaysant.
Car nous voilà à Medicine Creek dans le Kansas où Pendergast est « en vacances ». Mais, tel Hercule Poirot, il ne se déplace pas sans que le crime le suive. La mise en scène est cette fois élaborée et macabre : le corps d’une femme suppliciée est entouré de pieux supportant des corbeaux empalés. Faut être dingue… Heureusement, Pendergast surgit quasi des champs de maïs pour venir en aide à Hazen, le shérif local. Un bon shérif mais trop sûr de lui.
Pendergast, lui, trouve aide et assistance auprès de la jeune Corrie Swanson, un peu rebelle (une crête rose tout de même…) et prête à tout pour un peu de piment dans la vie. Il faut dire que vivre au coeur de l’Amérique de l’agriculture intensive et du conservatisme politique et patriarcal ne fait pas rêver… en tout cas pas elle. Corrie est un personnage insolent et drôle qu’on regrette de quitter à la fin.
Revenons à notre meurtre, à nos meurtres puisqu’il y en aura plusieurs. Ils semblent ritualisés et en lien avec une vieille légende indienne : le massacre des 45. 45 connards qui au bon temps jadis se plaisaient à zigouiller de l’Indien. Oui mais parfois, le jeu se retourne contre le joueur…
Mais Medicine Creek ne vit pas seulement dans le passé. Fière d’être une région productrice de maïs à GPL (mais où sont passés tous les fermiers de jadis…?), la ville est candidate pour les OGM. En effet, un scientifique doit prochainement annoncer qu’elle aura l’honneur de jouer les cobayes d’être fer de lance dans l’agriculture mortifère moderne. Pas question de l’effrayer avec des meurtres rituels ! Allez, allez, il faut résoudre ce « problème » vite fait, bien fait !
Évidemment, Pendergast ne mange pas de ce pain-là. Pendergast observe. Pendergast prend son temps. Et Pendergast inquiète dans son costume noir impeccable par 40°, sa Rolls et son obséquiosité. On ne sait jamais ce qu’il pense, on ne sait rien de ses déductions ni de son cheminement intellectuel. On ne le comprend qu’à travers ses actes… pas toujours compréhensibles. C’est dire s’il garde une part de mystère qui n’est pas pour rien dans son charme. Il est inattendu.
Certaines descriptions sans doute feront trembler les plus sensibles. Mais l’intrigue tient la route et se tient cette fois à l’écart de tout fantastique. Un opus à recommander donc à ceux et celles qui y sont allergiques.
Les croassements de la nuit lu par François Hatt, c’est encore meilleur : il a autant de voix que de personnages !
Les croassements de la nuit
Douglas Preston et Lincoln Child traduits de l’anglais (américain) par Sebastian Danchin
L’Archipel, 2005
ISBN : 9782841877102 – 518 pages – 24,90 €
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