
Hap Thompson travaille pour la société REMintérim afin de soulager quelques riches Californiens de leurs cauchemars et autres mauvais rêves. Grâce à ses grandes capacités d’assimilation, il les « absorbe » pendant la nuit et gagne énormément d’argent. Cette pratique, illégale, se double bientôt d’une seconde, encore plus illégale : le mémodélestage. Pour une courte durée, certains clients se séparent de souvenirs désagréables contre une forte somme d’argent. Et la promesse de les récupérer rapidement…
Mais un jour, Laura Reynolds, qui s’est défaite grâce à Hap du souvenir d’un meurtre qu’elle a commis, ne se présente pas pour récupérer son bien. Hap décide de la retrouver pour éviter l’inculpation. Sa route va croiser bien des cadavres, son ex-femme, tueuse professionnelle, de mystérieux hommes en gris et même Dieu en personne.
L’ambiance est donc au polar noir dans ce troisième roman de Michael Marshall Smith traduit en français. Le héros désabusé, mais tenant à la vie tente de sauver sa peau et celle de son ex-femme qu’il n’a jamais cessé d’aimer. Pris dans un trafic qu’on imagine mafieux, il joue avec ses propres règles dans un monde parfois virtuel.
Dès le début, quelques touches incongrues confèrent un ton légèrement loufoque à ce livre. Par exemple, le héros est poursuivi jusqu’au Mexique par son réveil et doit céder le passage à une bande de cafetières électriques en goguette. L’auteur aurait dû en rester là. Mais il va plus loin et la fin bascule dans l’incroyable, le carrément délirant. Le polar y perd son intérêt et la SF sa crédibilité. Le délire électroménager ne gagne pas à être trop présent et le dénouement quasi mystique laisse le lecteur sur sa fin. Dommage car Smith manie bien l’humour, décalé ou non, le héros est intéressant et l’intrigue bien menée (jusqu’au dérapage divin…).
Michael Marshall Smith sur Tête de lecture
La proie des rêves
Michael Marshall Smith traduit de l’anglais par Hélène Collon
Pocket (Science-fiction), 2001
441 pages
One of Us, parution originale : 1998