
Je profite de l’invitation de Nathalie pour découvrir Mary Elizabeth Braddon, surnommée parfois la mère du roman policier britannique, avec une nouvelle : « Le Mystère de Fernwood ».
Les éditions de L’Aube présentent l’auteure comme libre et anticonformiste, choquant la bonne société victorienne en vivant avec un homme marié ; elle écrit des nouvelles et des romans « à sensation ». « Le Mystère de Fernwood » n’est ni libre ni anticonformiste, ni même choquante, dommage… « à sensation » peut-être en 1861, et encore, j’en doute.
Isabel Morley, la narratrice doit épouser un homme qu’elle ne connaît que très peu mais apprécie. Laurence Wendale est jeune et riche, ça aide. Avec sa vieille tante, elle va passer les mois d’été qui précèdent le mariage dans la propriété du jeune homme, Fernwood. Vivent là ses parents et sa sœur, tous aussi fantomatiques et déprimants les uns que les autres. Il y a aussi un mystérieux Mr Thomas enfermé dans une chambre inaccessible dont le jeune fiancé se fiche éperdument mais qui perturbe Isabel.
On est dans une ambiance gothique avec vieux château et secret de famille. Mais il faut à peu près trois lignes pour comprendre qui est ce « mystérieux » Mr Thomas. C’est sans surprise en 1861 comme aujourd’hui, malgré les nombreuses et inutiles prolepses chargées d’entretenir le suspens. Au contraire, l’intrigue a des airs de Jane Eyre qui ne militent pas en faveur de l’auteure.
Je suis pas très cliente de Dickens ou Wilkie Collins, il n’est donc pas surprenant que Braddon ne m’enthousiasme pas non plus. Je trouve ces récits datés, ces personnages ennuyeux, caricaturaux à l’excès et le plus souvent dénués d’humour. Quand il s’agit de romans policiers, ils sont généralement trop longs et simplistes. L’avantage de cette nouvelle est qu’elle se lit en une heure.
« Le Mystère de Fernwood »
Mary Elizabeth Braddon traduite de l’anglais par Charles Bernard-Derosne.
The Mystery Of Fernwood, parution original : 1861
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