Structura Maxima d'Olivier Paquet

Jehan ne sera pas Vapeurier, contrairement à ce que la tradition attend de lui. Lors de la cérémonie du Choix, il décide d’intégrer la communauté des Poutrelliers. Depuis des siècles, Vapeur et Poutrelles se supportent et cohabitent au sein de la Structure, mais leurs modes de vie les opposent radicalement. Jehan, fils du Grand Maître de la Vapeur refuse l’endoctrinement et le rationalisme scientifique, pensant trouver la-haut, dans les Poutrelles, un idéal de vie plus spirituel et profond, et enfin, la liberté.

Car depuis toujours, les Poutreliers sont les serviteurs du dieu Valladolis alors que les Vapeuriers sont tournés vers le travail manuel et la technologie. Mais les factions s’extrêmisent et les tensions s’exacerbent. D’autant plus que les statistiques les plus récentes sont alarmistes : les réserves de la Structure s’épuisent. Certains Vapeuriers souhaitent aller chercher des ressources au-delà de la Paroi, ce que les Poutrelliers considèrent comme un blasphème. La guerre, attendue par certains, apparaît alors la meilleure solution…

Il n’est besoin que de lire les premières lignes de ce premier roman pour constater que nous avons à faire à un excellent écrivain. Dès le début, Olivier Paquet sait mettre en place un univers de métal et de lumière, de vapeur et de bruit qui n’est pas sans rappeler Metropolis et qui pourrait glacer le lecteur si l’intrigue ne venait soutenir un texte d’une grande qualité littéraire. Les tiraillements psychologiques du jeunes héros sont également d’une réelle intensité. D’abord naïvement idéaliste, Jehan va peu à peu découvrir que l’ailleurs n’est pas forcement meilleur et qu’il ne suffit pas de briser la tradition familiale et culturelle pour trouver le bonheur. Ayant abandonné ses idéaux successifs, formant autant de lueurs d’espoir, Jehan découvre les limites de la révolte et de la fuite en avant. Pour entrer dans l’âge adulte il devra accepter la place qu’il s’est faite dans son monde, pour espérer le changer.

On retrouve chez Olivier Paquet l’univers clos et quasi carcéral du Monde inverti de Christopher Priest : la Structure vit dans l’auto-enfermement et l’ignorance de l’ailleurs tenu pour inexistant ou sacrilège. Ce microcosme s’épuise et se délite faute d’énergie nouvelle, corseté qu’il est dans des structures sociales et psychologiques rigides. Le lecteur quant à lui suit Jehan de chaudières en poutrelles plongé dans une moite vapeur qui ne saurait fléchir son attention tant est maîtrisé et prometteur ce grand premier roman.

Olivier Paquet sur Tête de lecture

 

Structura Maxima

Olivier Paquet
Flammarion (Imagine), avril 2003
360 pages, 15€





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