
Les Américains sont prêts à tout pour soigner leur image de marque, même à inventer le mensonge du siècle. Alors qu’il ne sait pas comment se dépêtrer d’une guerre qu’il a initié mais qui ne le regarde pas, le gouvernement américain décide de détourner l’attention du monde entier en inventant un débarquement d’extraterrestres non loin du fameux site de Roswell.
Il n’est donc pas qu’un peu surpris quand, en plus des vaisseaux officiels, apparaissent de véritables soucoupes de Transiens venus prévenir les Humains que de très très méchants Voïdes sont en route pour la Terre afin de l’anéantir. Heureusement que se trouve alors sur le site un jeune Français surdoué, Jason Palomino, qui va sauver les Etats-Unis, et le monde entier par la même occasion.
Attention, ceci est un livre pas du tout sérieux, une sorte de comédie burlesque apocalyptique orchestrée par un Fabrice Colin en pleine forme, revisitant tous les poncifs de la SF sur un mode humoristique. Quel que soit votre âge, vous sourirez du portrait de Tim Forrest, président des Etats-Unis à peine plus bête que l’original, qui ne jure que par Paolo Coelho. Les passages sur Paolo Coelho sont d’ailleurs irrésistibles : ses livres sont la seule arme contre les Voïdes qui deviennent fous de rage dès qu’on leur en lit un passage !
Mais malgré l’abondante production du Brésilien, la Terre passe à deux doigts de la catastrophe, donnant lieu à des scènes apocalyptiques désopilantes. Car les humains sont décidément devenus trop bêtes pour mériter l’aide des Transiens qui quittent notre chère orange bleue sur cette réplique qui résume l’ambiance réjouissante de ce roman : « Allez, venez les gars, on se tire de cette planète« .
Donnez-nous encore de la SF burlesque, décalée mais totalement maîtrisée, on aime ça.
Fabrice Colin sur Tête de lecture
Le mensonge du siècle
Fabrice Colin
Mango (Autres Mondes n°28), octobre 2004
262 pages, 9€