Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi de Mathias Malzieu

C’est l’histoire d’un petit garçon de trente ans qui vient de perdre sa maman. Alors comme tous les petits garçons, il s’invente des histoires pour surmonter son deuil. Il rencontre un bon gros géant sur le parking de l’hôpital qui l’emmène au pays des morts, où il ne devra jamais aller seul.

On sent dès les premiers mots du texte que l’on a à faire à un texte autobiographique. La douleur est omniprésente, la révolte aussi, celle de l’enfant qui ne peut pas accepter l’injustice de la mort. La mort est la pire des ruptures car elle installe l’absence éternelle et désarme les plus courageux. Point de lutte ni d’espoir, sauf pour les croyants mais il n’en est pas question ici. Juste un au-delà rêvé, car il faut quand même inventer l’inconnu pour combler le vide.

En inventant ce conte, Mathias Malzieu se sera peut-être construit la passerelle qui le conduira du monde de l’enfance à celui des adultes. Je ne sais si son texte trouvera un écho chez les lecteurs, tant est personnelle l’expérience de la mort d’une mère, allant de la tragédie à l’indifférence. Mais il est touchant sans être abêtissant et l’on éprouve finalement plus de tendresse que de compassion pour ce grand garçon déboussolé. Il a su mettre en scène son drame personnel sous forme de conte merveilleux échappant ainsi aux plaisirs actuels de l’autofiction dégoulinante.

Mathias Malzieu sur Tête de lecture

 

Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi

Mathias Malzieu
Flammarion, février 2005
169 pages, 15€







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