
L’intrigue progresse-t-elle dans ce quatrième tome ? Eh bien oui, un peu. Grâce à un mécanisme narratif hyper efficace, Martin fait avancer son récit petit à petit, un personnage après l’autre, tandis que le lecteur ronge son frein.
Pendant qu’Arya et Sansa restent prisonnières du clan Lannister, Catelyn essaie de ramener la paix entre les frères du défunt roi Robert, Stannis et Renly : s’ils s’unissaient et s’alliaient à son fils Robb pour courir sus à Port Réal, les Lannister seraient défaits et il serait alors bien temps de choisir un nouveau roi pour les Sept Couronnes. Mais les Baratheon se préparent à l’affrontement. Ce que Renlys, le gentil, ne sait pas, c’est que son frère s’est octroyé des pouvoirs maléfiques grâce auxquels sa déloyauté va triompher. Tyrion, toujours main du roi Jofrey, reste l’électron libre de l’histoire. Haïssant son clan, avide de vengeance, il avance ses pièces, sûr de lui.
Mais d’autres pions imprévus s’avancent sur l’échiquier : la population de Port Réal qui s’insurge contre la famille régnante et l’ambitieux Theon Grejoy, de retour chez lui après dix ans de captivité chez les Stark. A ne pas rater la scène où Theon rentre chez lui à cheval accompagné d’une certaine Esgred qui est une réussite totale : une des meilleures du cycle assurément.
A l’issue de ce tome, la grande scène de bataille entre frères n’aura pas lieu, mais vous serez toujours accrocs vu que le nombre des plutôt gentils se réduit et que leurs points faibles sont de plus en plus évidents. Captivés vous le serez par les mystères qui planent encore autour des intentions des personnages qui n’ont pas voix au chapitre et surtout au-delà du Mur où la sinistre quête de Jon Stark se poursuit (lentement).
George Martin sur Tête de lecture
Le Trône de fer – 4 : l’ombre maléfique
George R.R. Martin traduit de l’anglais (américain) par Jean Sola
J’ai Lu, 2002
349 pages, 7€