
Andrej et Frederic ne sont pas arrivés à temps au port de Costanta : ils doivent suivre le bateau du marchand d’esclaves Abou Doun depuis la berge, en longeant le Danube. Andrej a promis au jeune garçon de ramener les prisonniers à Borsa, c’est pourquoi il est prêt à tout. A lui seul, il aborde le navire négrier et affronte Abou Doun… qui lui broie la moelle épinière. Ce que ne sait pas le pirate musulman, c’est qu’Andrej peut se régénérer rapidement. Il l’apprend à ses dépends mais parvient cependant à l’immobiliser et à lui proposer un marché : la vie sauve contre son secret d’immortalité. C’est alors que le négrier est attaqué par un vaisseau surgi de nulle part. A son bord, le père Domenicus, deux soldats d’or et un mystérieux chevalier de l’ordre du Dragon qui met le feu au négrier, brûlant vifs tous les prisonniers, habitants de Borsa. Seuls Andrej, Frederic et Abou Doun parviennent à s’échapper… pour être rattrapés par les émissaires du chevalier du Dragon qui les conduisent dans son château. Ce dernier se nomme en fait Vlad Draculae et il s’intéresse lui aussi au secret des Delãny.
Hohlbein fait s’affronter deux sortes de buveurs de sang : celui qui souffre d’une malédiction qui l’accable et celui qui fait souffrir par plaisir. Les scènes d’empalement et de torture ne manquent donc pas et l’ambiance transylvanienne est comme il se doit oppressante. Le célèbre comte des Carpates ne brille quant à lui pas par sa grande originalité, servant plutôt de ressort dramatique. L’affrontement psychologique attendu entre les deux vampires ne vient pas car ce deuxième tome se construit plus sur les rebondissements (substitution d’identité, affrontements, arrivée des Turcs) que sur la densité psychologique des personnages. Cependant, le jeune Frederic acquiert une personnalité ambiguë à souhait car s’il possède un corps d’enfant, il n’y plus guère en lui du charme propre au premier âge de la vie. Il est cruel, violent et laisse sans scrupules libre cours à sa nature sanguinaire. Et l’ultime scène laisse bien mal augurer de son évolution : « quel monstre avaient-ils créé ? « .
On sent par ailleurs que l’auteur s’est documenté sur la situation religieuse en Europe centrale et il parvient à exposer les conflits entre Catholiques et Musulmans sans interminables apartés historiques. Le prince Vlad Tsepech est aussi bien au point, mais c’est la moindre des choses.
Bilan : un tome un peu trop porté sur l’action au détriment des personnages, mais le mythe du vampire traité dans le cadre de la dark fantasy reste assez réussi pour qui privilégie l’aventure.
Wolgang Hohlbein sur Tête de lecture
La Chronique des Immortels 2 : le vampyre
Wolfgang Hohlbein traduit de l’allemand par Pascale Hervieux
L’Atalante, août 2007
279 pages, 13,40€