Skyfall de Sam Mendes

Soyons claire : le dernier James Bond que j’ai vu, c’était « On ne vit que deux fois ». Parce que Sean. Si je suis allée voir « Skyfall », ça n’est pas parce que Daniel, non. Je le trouve froid, peu expressif, et pour tout dire… vieux. Il est pourtant plus jeune que Johnny (Depp bien sûr, ne nous méprenons pas), mais chacun sait comme Dame Nature est injuste. Bref, transit par Paris, dix heures du matin, quelques heures pour voir un film, « American Beauty », et voilà. Ah oui : onze euros vingt la place ! Misère, chez moi, on voit deux films pour ce prix-là. Bon d’accord, pas en v.o . et pas sur les Champs, mais bon, il avait intérêt d’assurer, Daniel. A noter que nous étions quatre dans la salle en ce vendredi matin pluvieux, grand confort.

Et il faut bien le dire à ceux et celles qui n’aiment ni James Bond ni les films d’action : courez voir ce film ! Parce que oui, c’est visuellement époustouflant. De l’intrigue, je me fiche un peu, même si je suis assez fière de pouvoir affirmer que j’ai tout suivi. Alors voilà : les services secrets britanniques ont laissé échapper une liste très compromettante de noms d’agents infiltrés hyper secrets. James a failli la récupérer, mais il est mort. En fait non, il revient après le générique, un chouïa moins un forme et M (Judi Dench), sa vieille chef, lui colle la médecine du travail sur le dos. Il passe plein de tests (un peu plus de vingt tractions…) qui le déclarent inapte, mais sa chef lui dit qu’il peut rempiler et surtout, récupérer ladite liste et fissa, histoire de prouver que les vieux, ça peut toujours servir. Et il se trouve que cette liste, c’est un méchant qui la détient, un vrai de vrai méchant (Javier Bardem) bien sadique. Mais vous savez pourquoi il est devenu méchant ? Parce qu’avant il faisait partie des services secrets lui aussi et que M l’a trahi. Ah la la, voilà que les sentiments empiètent sur le boulot : mauvais ça, très mauvais. Bon, je ne dévoile rien en disant qu’il va la récupérer la liste et qu’il ne meurt pas à la fin (ben non, il est déjà mort au début, ils ne peuvent pas nous le faire deux fois par film).

Alors qu’est-ce qui peut bien sauver ce petit scénario à peine intéressant ? Eh bien déjà, en toute subjectivité, un Javier au mieux de son talent même s’il n’est pas vraiment à son avantage. Blond, homosexuel et sadique, voilà qui ne lui sied guère mais qu’il endosse avec talent. Et, il faut bien l’avouer, la scène où il enlève son dentier est grandiose, impressionnante. Son visage se destructure lentement, se creuse, se déforme : c’est saisissant (pas trouvé d’illustration, malheureusement).

Car oui, tout est là dans l’image et les effets spéciaux à couper le souffle. Ça commence par une course poursuite dans un marché en Turquie et à moto. On en a déjà vu des courses poursuites, mais celle-là est vraiment  décoiffante, avec tractopelle à l’appui sur train de marchandise, franchement, c’est à voir. Puis, après je pense une vingtaine de minutes de cascades ébouriffantes, voilà le générique. Et là mazette, c’est à la fois visuellement très élaboré et porté par une musique envoûtante. J’en avais déjà oublié le prix de la place.

Je ne sais pas comment tout ça se filme, et je m’en fiche à vrai dire, c’est le résultat qui m’intéresse. Certaines scènes sont sublimes. L’une est entièrement fabriquée en studio j’imagine. Elle se déroule à Shanghai de nuit dans un immeuble tout en verre éclairé par les seules lumières des panneaux publicitaires géants. Bond y suit sa cible et le jeu de miroir est stupéfiant. Fabriquée aussi la chute du métro londonien dans un sous-sol : hallucinant.

Autre scène d’anthologie à mes yeux, dans un décor réel cette fois. Sur une île déserte, dans un paysage d’apocalypse, Bond traque Silva. On dirait qu’une guerre nucléaire est passée par là, tout est détruit, désert et gigantesque.

Et le meilleur pour la fin, bien sûr, Skyfall, un manoir écossais posé sur la lande désolée où le ciel touche éternellement la terre. La lumière est superbe, les vieilles pierres aussi.

Ce billet m’a fait du bien, j’ai révisé mes synonymes : décoiffant, impressionnant, stupéfiant, ébouriffant, superbe, sublime, grandiose… Tout ça, non pas pour le scénario que je ne me sens pas qualifiée pour caractériser tant le genre m’est quasi inconnu  (j’ai quand même bien apprécié le retour sur enfance qui donne un peu de consistance à ce beau gosse efficace). C’est ce que j’ai vu qui m’a séduite, ces images magnifiques (et je n’ai rien dit de Macao, de l’Aston Martin sur la lande…) pour lesquelles je paierais bien à nouveau onze euros vingt.

Skyfall de Sam Mendes
Avec Daniel Craig, Judi Dench, Javier Bardem
Sortie nationale : 26 octobre 2012 – Durée : 2h 23





25 réponses à « Skyfall de Sam Mendes »

    1. Sandrine
  1. keisha
    1. Sandrine
  2. Kikine
    1. Sandrine
    1. Sandrine
    1. Sandrine
  3. Yv
  4. Emma
    1. Sandrine

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