Grandclapier de Joann Sfar

Après L’Eternel, roman pour adultes, Joann Sfar se lance dans la littérature jeunesse avec Grandclapier, premier tome d’une série de fantasy, nous annonce-t-on.  L’univers est celui de sa bande dessinée, L’Ancien temps, que je n’ai pas lu. Il aurait peut-être mieux valu…

Grandclapier donc. Un ogre. Et aussi la reine Mathilde, dont il est amoureux et qui par chance devient veuve. Et puis Brasque le Noir, un gosse vraiment turbulent, Nadège la maudite qui se transforme en renarde. Et puis aussi un géant, un chosologue, un sourcier…

Voici la présentation proposée par l’éditeur :

Au pays de Nissa, les armées du pape, menées par le Balafré, sèment la terreur pour imposer le culte du dieu unique. La reine Mathilde, pour sauver son peuple, doit épouser le Balafré. Mais le guerrier a un rival de poids : l’ogre Grandclapier, éperdument amoureux de la reine depuis l’enfance. Pour les départager, celle-ci leur impose une mission impossible : lui rapporter une licorne, créature disparue depuis longtemps…

Si je me permets ce copié-collé, c’est parce que ce résumé me semble beaucoup plus synthétique et ordonné que le roman dont il est tiré et que je suis bien embarrassée de résumer. Ladite présentation de l’éditeur précise également que Joann Sfar « aborde le genre de l’héroïc fantasy avec une verve et un sens de la démesure tout rabelaisiens ». J’imagine que la référence à Rabelais vient du fait que les personnages sont globalement tous grossiers. Plus loin, on signale « un humour ‘hénaurme’ à la Jarry » et là j’imagine qu’il s’agit de souligner que si le roman part dans tous les sens, c’est voulu, c’est ubuesque…

Soit. Ceci dit, Grandclapier fut une lecture pénible. Impossible de suivre cette histoire décousue. Globalement, j’ai bien compris la charge contre le monothéisme et au-delà contre toute forme de religion qui entend régenter la vie des hommes. De même que l’amour entre Glanclapier et Mathilde va être compliqué à concrétiser. Mais c’est au prix d’efforts, de retours en arrière incessants, et il faut bien le dire laborieux.

Car enfin, il est clair que le style de Joann Sfar ne me plait pas. Mais alors pas du tout.

A ce moment-là, les parents sont rentrés. Ils avaient eu un pressentiment. Le papa avait cessé sa chasse. Il avait dit à la maman : « Conduis vite, je n’aime pas cette tempête. Je n’aime pas que le petit soir seul. » Et si les parents n’étaient pas revenus, sans doute que l’hypnose de la mamie aurait très bien fonctionné et que le fils de chienne, pardon le malheureux endoctriné, n’aurait pas pris le petit enfant.

 J’ai l’impression de lire un collégien appliqué, qui essaie de faire des phrases tout en les parsemant ici et là de cochonneries et d’images cauchemardesques.

Et le miel ? Les femmes ogres opéraient leur épilation intime à l’aide de caramel. Les mamies leur en fabriquaient de petites boulettes. On astiquait ça sur les poils, on tirait d’un coup, ça débroussaillait, tout le monde criait et rigolait, après quoi les boulettes, caramel et pelage, faisaient d’excellents chewing-gums qu’on donnait aux mioches.

Pourquoi pas. Mais comme juste après, il est question de la chatte de la reine (pas le félin, l’autre…), je me demande à quel public Glandclapier est destiné. Pas à moi, clairement.

Joann Sfar sur Tête de lecture

 

Grandclapier, un roman de L’Ancien temps

Joann Sfar
Gallimard Jeunesse, mars 2014
255 pages, 15.50€





3 réponses à « Grandclapier de Joann Sfar »

  1. Sande
    1. Sandrine

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