Partager la publication « Douze ans sept mois et onze jours de Lorris Murail »

Un père, un vrai, ça aime le baseball, ça a une grosse voiture rouge et un fils. Son fils lui doit aimer le baseball et s’appliquer à devenir un homme, un vrai. Jack Stephenson (« le fils de Stephen »…) n’a malheureusement pas le fils de ses rêves : le sien est une mauviette qui n’aime que son Rubik’s Cube et se fait racketter. Alors Jack a décidé d’abandonner Walden dans une cabane au fond des bois avec deux livres de Thoreau pour qu’il s’y débrouille tout seul.
C’est un peu expéditif comme mesure, mais on sent Jack à bout. Dans sa magnifique Chevrolet Impala SS 1995 dark cherry metallic, il emmène Walden âgé de douze ans, sept mois et trois jours : il ne devra pas sortir de son périmètre de sécurité et se débrouiller pour survivre après épuisement des vivres. Au moins jusqu’à ses douze ans sept mois et onze jours. Walden attend en vain le retour de son père, pensant à une mauvaise blague, puis décide de quitter la cabane.
Il y en a pour tous les goûts dans ce roman : pour les amateurs de Stephen King qui y repèreront quantité de clins d’œil ; pour les amoureux de la nature, et de nature writing en particulier puisque les grands espaces du Maine sont le théâtre des premières expériences en solitaire du jeune Walden ; et de suspens enfin car suspens il y a, bien construit et efficace. On va en effet comprendre pourquoi Jack abandonne son fils dans les bois, pourquoi quitter la cabane n’était pas une bonne idée et pourquoi la date des douze ans, sept mois et onze jours est fatidique.
Les personnages, qui semblent caricaturaux au départ, se révèlent plus complexes de page en page. Un atout de plus pour ce livre au suspens efficace.
Lorris Murail sur Tête de lecture
Douze ans, sept mois et onze jours
Lorris Murail
Pocket Jeunesse, janvier 2015
301 pages, 13,90€
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