Les fiancés de l'hiver de Christelle Dabos

Comme le dit son grand-oncle, cette fois c’est certain, Ophélie va passer à la casserole ! Il faut dire que la jeune femme a déjà refusé deux prétendants et non moins cousins. Ce troisième n’est pas négociable : elle aurait mieux fait de se marier dans la famille. Car Ophélie va devoir quitter Anima pour le Pôle, c’est à dire le grand froid. Mais si ce n’était que ça… Thorn son prétendant est une sorte d’ours silencieux, aussi chaleureux et communicatif qu’un iceberg.

Arrivé à la Citacielle, Thorn enferme Ophélie et sa duègne tante Roseline dans les appartements de sa tante dame Berenilde. Une situation qui pourrait être pire puisque celle-ci est la favorite de Farouk, l’esprit de famille du Pôle, autant dire son dieu vivant. Elle porte son enfant. Mais pourquoi Ophélie doit-elle rester enfermée le temps de ses longues fiançailles ? Thorn lui assure qu’il a tant d’ennemis qu’on pourrait vouloir attenter à sa vie. Il est en effet l’intendant détesté du royaume, le rejeton bâtard du clan des Dragons.

Mais Ophélie n’est pas du genre à se laisser faire, surtout pas à se laisser enfermer. C’est une passe-miroir, elle peut donc se rendre d’un lieu à l’autre en empruntant ce curieux moyen de déplacement. Elle peut ainsi écouter en douce, en apprendre plus sur les moeurs de ses hôtes et… se faire prendre en train d’espionner. Car au Pôle l’activité principale de la cour semble être de comploter, et accessoirement de trahir et d’assassiner. Dans ce panier de crabes, Ophélie n’aura de cesse de comprendre pourquoi on la destine à Thorn le taciturne. En voudrait-on à son pouvoir de liseuse qui la rend capable de lire le passé d’un objet rien qu’en le touchant ?

Super pouvoirs, mondes de fantasy, cour royale et jeune fille à marier : les ingrédients sont classiques. Christelle Dabos n’en parvient pas moins à nous concocter un mets original qui contentera les palais les plus raffinés. Et même si je déflore, il me parait essentiel de dire qu’Ophélie ne tombe pas amoureuse de Thorn : quel atout ! Alors qu’on croule sous les romances mièvres et pré-mâchées, voilà une héroïne qui ne paye pas de mine et s’affirme : grosses lunettes, vieux manteau râpé et écharpe à faire peur, Ophélie serait presque moche, ouf !

L’univers, à la fin de ce premier tome (sur quatre, et si on ne visite pas le site du livre) reste assez mystérieux, en tout cas fort original. Les 500 pages de ce premier tome ne regorgent pas de rebondissements (il faut aussi travailler les personnages), mais quand il y en a, ils surprennent même une vieille comme moi (franchement, j’ai été surprise par la personne qui a empoisonné les oranges…).

En 2013, Christelle Dabos a remporté avec Les fiancés de l’hiver le concours du premier roman jeunesse organisé par Gallimard Jeunesse, RTL et Télérama : très bon choix, des jeunes auteurs à l’imaginaire aussi original, on en veut d’autres.

Qui n’a pas encore découvert cette série ?

 

La Passe-miroir – 1 : les fiancés de l’hiver

Christelle Dabos
Gallimard Jeunesse, août 2013
517 pages, 18€





17 réponses à « Les fiancés de l’hiver de Christelle Dabos »

    1. Sandrine
    1. Sandrine
  1. Gaëlle Chollet
    1. Sandrine
  2. Marie Juliet
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    1. Mes Imaginaires
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