
Je me souviens avec tant de plaisir du roman de Jean Teulé, Fleur de Tonnerre, que je n’ai pas oublié le nom de cette tueuse en série bretonne : Hélène Jégado. J’ai quasi pleuré de rire grâce à deux perruquiers normands perdus dans une Bretagne qu’ils abhorrent aussi me fallait-il voir cette adaptation : j’avais hâte de rire à nouveau.
Hum. Hum, hum… comment dire… Fleur de tonnerre le film n’est absolument pas drôle. Pas une once d’humour, même noir, alors autant dire que l’esprit du roman de Jean Teulé est bien loin, très loin. Ce qui est proche par contre c’est l’ennui, du genre abyssal car ce film manque de rythme malgré sa construction en flashbacks et multiplie les scènes contemplatives censées évoquer les méandres psychologiques de cette implacable meurtrière.
Jamais maman et papa Jégado n’ont dit je t’aime à leur petite Hélène. A la maison, c’était plutôt baffes et histoires à faire peur alors Fleur de tonnerre se débarrasse vite fait bien fait de maman. C’est son premier meurtre, à huit ans, qui sera suivi de très nombreux autres puisqu’Hélène se fait engager comme cuisinière partout en Bretagne, semant la mort sans récolter de soupçons. La police du début du XIXe siècle n’était guère efficace…
Le problème le plus évident du film, c’est Benjamin Biolay. Je l’avais déjà vu dans La Meute de Franck Richard et je m’attendais au pire. Et ce fut pire que pire. Je ne sais pas ce qu’il vaut comme chanteur mais il faut qu’il arrête le cinéma. Il n’a aucune expression à son actif, il ne sait même pas froncer un sourcil. Il reste le visage inerte pendant tout le film, on le dirait botoxé aussi quand il pleure ou déclare un amour passionné à Hélène Jégado, c’est sans battre d’un cil. C’en est drôle tellement c’est mauvais, et c’est le seul point humoristique du film.

Il faut croire que Stéphanie Pillonca aime les chanteurs qui se font acteurs puisque Miossec a lui aussi droit à un rôle. Et force est de constater qu’il est bien meilleur que Benjamin Biolay. Quelques minutes en soutane et on a l’impression qu’il a passé sa vie dans les ordres ! Ah, la bonne sainte Vierge prête à pardonner tous les pécheurs, on y croirait presque !

La jeune Déborah François est convaincante, elle joue bien l’hystérie mais malheureusement on ne lui offre pas une palette très étendue. On la voit beaucoup au milieu de ses casseroles (c’est en les empoisonnant qu’elle élimine ses victimes), elles marche dans la lande ou les bois, discute avec l’Ankou dont elle se croit la réincarnation. C’est assez lassant. Heureusement, la Bretagne historique est agréablement filmée, costumes et décors sont soignés et certains personnages secondaires ont des tronches remarquables. A l’évidence, la réalisatrice aime les lieux qu’elle filme, c’est toujours ça mais ce n’est pas assez.
Fleur de tonnerre de Stéphanie Pillonca
Avec : Déborah François, Benjamin Bilay, Jonathan Zaccaï, Catherine Mouchet, Christophe Miossec…
Sortie nationale : 18 janvier 2017 – Durée : 1 h 40
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