Les déportés du Cambrien de Robert Silverberg

Les Etats-Unis des années 2020 ont trouvé un moyen propre de faire taire définitivement les opposants politiques : les révolutionnaires et autres agitateurs sont envoyés un milliard d’années avant Jésus-Christ sur une Terre vierge de toute présence humaine et animale si ce n’est quelques mollusques et autres invertébrés marins. Hawksbill Station compte cent quarante pensionnaires, avec à leur tête un roi sans couronne, Jim Barrett. Après plusieurs mois de silence, un nouveau rejoint enfin la station : Lew Hahn, jeune homme taciturne et peu bavard qui se dit économiste.

Tout en observant le nouveau venu, Barrett repense à son passé d’activiste tantôt révolutionnaire, tantôt contre révolutionnaire, et s’interroge sur le châtiment cruel dont ses camarades et lui sont victimes : ces réunions, ces tracts, cette propagande justifiaient-ils une telle sanction ? Le pays lui-même méritait-il qu’on lui sacrifie sa vie, sa raison ? Les prisonniers du temps sombrant peu à peu dans la folie, Barrett les accompagne et les soutient, dans la mesure où lui-même voit peu à peu ses forces et son envie de vivre décliner. Quel avenir pour cette poignée d’hommes du Cambrien ?

Les déportés du Cambrien propose un voyage dans le temps qui est plus qu’une anecdote : une réflexion sur le pouvoir politique et les raisons de vivre quand l’avenir n’existe pas.

Robert Silverberg sur Tête de lecture

 

Les déportés du Cambrien

Robert Silverberg traduit de l’anglais (américain) par Guy Abadia
Le Livre de poche (Science-fiction, n°7242), 2002
190 pages, 5€

Hawksbill Station, parution originale : 1968







Recevez des nouvelles de Tête de lecture par mail