La Compagnie noire 2 de Glen Cook

Six ans ont passé depuis la fin du premier tome. La compagnie noire a vieilli d’autant et bourlingué sur des milliers de kilomètres au service de la Dame. Elle décide d’envoyer quelques-uns de ses mercenaires à Génépi où des phénomènes étranges se sont déclarés : un mystérieux château noir semble être sorti de terre et croître de lui-même alors que des cadavres disparaissent en ville et dans les catacombes, lieu sacré pour les habitants.
Grâce à Shed, le tavernier du Lis de fer, on apprend que Corbeau est à Génépi depuis deux ans avec Chérie, réincarnation de la Rose Blanche et pour l’heure serveuse du Lis. Corbeau semble plus qu’impliqué dans le trafic de cadavres qui alimente (littéralement) le château.

Ce tome-là est encore meilleur que le premier. On lit alternativement les annales de la compagnie toujours écrites pas Toubib, et l’histoire de Shed, à la troisième personne. Ce personnage de couard qui par peur et avidité dégringole tous les échelons de la dignité humaine est vraiment très réussi. Alors que l’on ne sait pas grand chose sur les membres de la compagnie noire, ce Shed est décrit et analysé en profondeur et ce voyage dans les méandres noirs de son âme est captivant car il sonne juste. Dans cette ville glauque, pas de héros. Juste quelques trouillards, lèche-bottes et corrompus au service d’une pègre quasi toute puissante. La seule chose qu’ils respectent encore est le culte des morts qui est lui aussi bafoué à l’initiative du Dominateur qui essaie de sortir de sa tombe. Il n’est pas du tout certain que la compagnie parviendra à contrecarrer les plans de l’ancien époux de la Dame, d’autant moins que quelques-uns de ses membres, Toubib au premier chef, jouent double jeu en cherchant Corbeau et Chérie pour les protéger.

Dans cette histoire compliquée, tous les personnages sont parfaitement à leur place. La lecture est dynamisée par les récits croisés. Toubib manie toujours le détachement et l’humour avec brio, même sous les flammes et les sorts. Les bas-fonds de Génépi sont glauques à souhait et les créatures du château noir assez floues et mystérieuses pour emporter l’adhésion (l’auteur ne tombe pas dans le grand-guignol des morts-vivants). On suit donc la compagnie sans longueur jusqu’à la fin, ouverte sur un avenir qui s’annonce difficile.

Glen Cook sur Tête de lecture

La Compagnie noire – 2 : le château noir

Glen Cook traduit de l’anglais (américain) par Alain Robert
J’ai Lu (Fantasy n°7591), mars 2005
413 pages







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