Pudding mortel de Margaret Yorke

Dans la famille Ludlow, il y a la grand-mère. Clouée dans son fauteuil, elle n’en mène pas moins tout son monde à la baguette en véritable despote. Il y a ses trois enfants : Phyllis qui se dévoue corps et âme à sa mère et n’en récolte que des brimades. Derek, marié à Betty, dont les affaires vont très mal. Gérald, le préféré, veuf depuis dix ans qui rentre à la maison avec une toute nouvelle épouse, une Américaine.

Et les petits-enfants : Cathy, dix-huit ans, fille de Gerald, elle aussi toute dévouée à sa grand-mère. Tim et Martin, les deux fils de Derek, le premier en train de rater ses études à Oxford, le second dont le récent mariage prend l’eau de toute part. Et gérant tout ce monde, Mrs Mackenzie, la gouvernante. C’est elle qu’on retrouve morte un beau matin, empoisonnée par la part de pudding destinée à Mrs Ludlow.

La police arrive sur les lieux. Mais à Pantons, il y a mieux que la police. Le professeur Patrick Grant, licencié en lettres, docteur en philosophie et doyen du St Mark’s College à Oxford. Curieux en diable, malin, fin observateur, il va réussir à s’introduire dans la famille Ludlow, au cœur même de leurs problèmes, tant sentimentaux que financiers.

Aucun doute, cette première enquête du professeur Grant ne révolutionne pas le genre. Elle applique plutôt tous les codes du whodunit. Un détective amateur à la forte personnalité mène donc l’enquête. Le lecteur accumule les indices et les fausses pistes car la révélation arrive dans les toutes dernières pages. Le but étant tout de même de frissonner tout en gardant un certain détachement humoristique, c’est grâce à l’exécrable caractère de la doyenne que le lecteur prend ses distances avec cette mort violente. Elle est absolument imbuvable. A tel point d’ailleurs que les membres de sa famille en perdent presque leur crédibilité. Comment croire en effet à cette jeune fille de dix-huit ans qui supporte toutes les réflexions de cette vieille bonne femme, obéissant au moindre de ses ordres, aussi tyrannique soit-il… De même Phyllis qui à force d’obéissance et de soumission en devient invraisemblable.

Ce Pudding mortel n’en reste pas moins une lecture agréable. Son intrigue est bien ficelée, l’enquêteur emporte l’adhésion et l’ambiance est british jusqu’au bout des ongles.

 

 
Pudding mortel

Margaret Yorke traduite de l’anglais par Claude Bonnafont
Seuil (Points n°849), 2001
ISBN : 2-02-048125-1 – 235 pages – 5,95 €

Dead in the Morning, publication en Grande Bretagne : 1970







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