L'arche de Noa d'Ange

Attrapé au hasard dans mon énorme pile de romans jeunesse en retard, L’arche de Noa m’a agréablement surprise, notamment par son style. L’histoire de cette jeune adolescente, Noa, en classe de cinquième dans un collège parisien, n’est pas originale en elle-même, mais bien par le ton des auteurs qui se font familiers, interpellent le lecteur, le prennent en quelque sorte par la main pour lui conter des aventures à haute teneur fantastique et rocambolesque.

La jeune héroïne est une enfant modèle (trop même, c’est le seul reproche que je ferai au livre) : fille d’immigrés d’Afrique du Nord, ses parents travaillent beaucoup et n’ont pas assez de temps pour s’occuper de leurs quatre enfants. Alors c’est Noa, l’aînée qui leur fait à manger, s’occupe des devoirs et gère le quotidien. Elle est cependant excellente élève, comme l’espèrent ses parents.

Sa vie bascule le jour où sa petite soeur trouve un « joli joubi » qui se révèle être le talisman du Mal absolu. Bientôt, Noa se rend compte qu’elle peut voir des choses que les autres ne voient pas, une autre réalité, parallèle à la nôtre. Car « il existe une partie du monde que les humains normaux ne perçoivent pas. Comme s’il y avait… trente pour cent d’univers en plus… peuplé de créatures, d’endroits, de passages, de dangers, qui existent en même temps que nous, mêlés à nous, invisibles pour les autres… » Et certaines de ces créatures veulent récupérer le talisman ainsi qu’Hajer, la petite soeur.

Avec ses amis, Gabriel qui se révèle être magicien, et les jumeaux Clément et Benjamin, Noa va tenter de sauver sa soeur et d’empêcher ces affreuses créatures de débarquer. Cette sympathique histoire qui peut faire peur n’est cependant pas terrifiante, tant les auteurs se font rassurants. Ils guident le jeune lecteur, le prennent par la main, lui expliquent les méandres de l’histoire et même ses coulisses. C’est à mon avis un élément important qui rassure le lecteur parce que l’histoire est parfois sombre mais aussi parce qu’un roman finalement assez gros peut encore effrayer certains lecteurs hésitants. Si on ajoute à cela des jeunes héros intéressants car vivant un âge difficile et abordés avec précision et pudeur, ce roman se démarque finalement de ses semblables. Très agréable à lire, riche en rebondissements et en héros convaincants, il plaira sans doute aux jeunes lecteurs à partir de dix ans qui aiment trouver le dépaysement au coin de leur rue.

Ange sur Tête de lecture

 

L’arche de Noa

Ange
Intervista (Cinémascope), novembre 2008
310 pages, 13,90€







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