Le voyage d'Anna Blume de Paul Auster

C’est pour me réconcilier avec Paul Auster après ma triste lecture du Livre des illusions, que j’ai choisi Le voyage d’Anna Blume. Le but n’est pas vraiment atteint sans pour autant que je sois totalement déçue.

Ce roman se présente comme une lettre qu’Anna Blume écrit à un homme qu’elle a aimé. Environ quatre ans auparavant, elle a quitté son pays par bateau pour rejoindre la ville, là où son frère William, journaliste, l’a précédée et dont elle est sans nouvelle. On ne saura jamais où se situe cette ville, c’est de l’intérieur qu’Anna la décrit.

Anna, à peine vingt ans, arrive pleine d’espoir, mais elle se rend vite à l’évidence. Elle va devoir apprendre à survivre, à être plus forte que les autres. Les gens doivent se battre pour conserver un logement, pour trouver à manger et de quoi se vêtir. Le vol est la règle, on dépouille même les morts. Elle va rencontrer diverses personnes avec lesquelles elle va vivre et même attendre un enfant.  Mais la misère est partout, les gens dorment dans les rues et les plus beaux idéaux se fracassent contre la sordide réalité. Les descriptions d’Anna sont d’une tristesse noire et un drame suit chaque parenthèse de relatif bonheur.

Il ne s’agit pas d’un roman post apocalyptique, à l’image de La route de Cormac McCarthy par exemple, puisqu’il n’est dit nulle part que la fin du monde a eu lieu. Il s’agit plutôt d’un État totalitaire, complètement fermé dont on ne peut plus sortir une fois entré. Un État qui a eu une idéologie, une politique mais qui s’est effondré sous la dictature. Ailleurs, là où vit le correspondant d’Anna par exemple, tout est encore possible. J’ai beaucoup pensé à Cuba en lisant ce livre, mais ce n’est que mon point de vue.

J’ai trouvé ce texte assez long. Il s’apparente au genre de la dystopie qui a donné lieu à des textes par ailleurs bien plus stimulants. En choisissant de faire de son roman une longue lettre, Paul Auster opte pour la description, sans pratiquement aucun dialogue. Le lecteur n’a donc que les yeux d’Anna pour imaginer la ville ce qui en fait un texte relativement monotone.

Paul Auster sur Tête de lecture

 

Le voyage d’Anna Blume

Paul Auster traduit de l’anglais (américain) par Patrick Ferragut
Actes Sud, 1989
ISBN : 2-86869-415-2 – 201 pages – 18 € (existe en poche)

In the Country of Last Things, parution aux États Unis : 1987







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