
« Je sais qu’à l’heure où je vous parle, quelque part, la voyageuse poursuit sa longue, très longue quête. Ce que vous allez lire n’est qu’une infime partie de ce qu’elle a vécu. » Kuro, l’héroïne voyageuse de Satoko Hiyuduki, n’est pas une enfant comme les autres : elle marche en portant son cercueil sur son dos. Accompagnée des jumelles Sanju et Nijuku et de Sen la chauve-souris, où va-t-elle, que cherche-t-elle ?
C’est en fouillant une vaste demeure qu’elle a libéré les jumelles et trouvé au même endroit les restes d’une bête féroce et un squelette. Elles font route ensemble, mais l’une des jumelles s’ennuie du professeur qui les retenait prisonnières et Kuro n’ose pas lui avouer qu’il est probablement mort. Mais dans quel but a-t-il créé ces êtres étranges qui peuvent perdre leur ombre ? Elles sont d’ailleurs assez pestes et n’ont de cesse de se faire adopter (par une épicière, un vieux baron excentrique…).
Kuro, toute de noire vêtue et équipée de son cercueil inquiète, suscite commentaires et ragots. Est-elle un vampire, le démon de la forêt, une sorcière, un croque-mort ? Au premier abord, les gens se méfient, mais Kuro fait le bien autour d’elle, toujours prête à rendre service, brave petite…
J’ai trouvé le premier volume de la série de Satoko Hiyuduki assez décousu, avec de nombreux flash back, Kuro et sa bande font des rencontres, des personnages originaux mais on ne voit pas bien l’intérêt ou le lien avec l’histoire de la quête. Qui est Kuro et où va-t-elle, s’interrogent Sanju, Nijuku et le lecteur…
J’ai donc entamé le deuxième tome sans beaucoup d’enthousiasme. Et l’intérêt n’était encore pas au rendez-vous, entre les petites filles qui essaient d’apprendre à voler avec une aile chacune, un âne fainéant qu’elles essaient de caser, une mystérieuse correspondante qui envoie des messages dans une bouteille, un voyageur à visage de chien tout vêtu de noir… ça part dans tous les sens, sans malheureusement retenir l’attention.
Le seul intérêt de ce manga de Satoko Hiyuduki à mes yeux, c’est le graphisme, pour qui aime le genre mignon, grands yeux, air triste de la jeune héroïne. Avec ses grosses lunettes, son grand chapeau, ses cheveux noirs et son cercueil, Kuro a un look gothique, version cour de maternelle. Un certain nombre de planches sont en couleurs, très jolies mais aussi très enfantines.
Ceux qui ne sont pas habitués au sens japonais de lecture auront en plus certainement du mal à lire ce format (dit « yonkoma » de quatre cases verticales) : ça se lit donc de droite à gauche et de haut en bas.
Le voyage de Kuro, histoire d’une itinérante 1 & 2
Satoko Hiyuduki
Kana, mai 2010
120 pages et 12,50 € chacun, c’est pas donné…