
Voilà enfin ce premier opus des enquêtes de Walt Longmire, tant louangé sur la blogosphère et ailleurs. Beaucoup de billets m’ont donné le goût de lire, ainsi que la thématique amérindienne et l’énorme capital sympathie véhiculé par Craig Johnson, l’homme au chapeau permanent.
Le Wyoming, là où exerce le shérif Longmire et où vit Craig Johnson n’est pas le Montana, mais ce sont des états limitrophes qui partagent des paysages semblables, et des écrivains appartenant à la célèbre école du nature writing. Et le nature writing et moi, ça n’est que difficilement compatible. Le bruit du vent, la couleur des feuilles, le nombre de flocons qui tombent en une minute, mais aussi leur taille, leur forme et leur généalogie, j’ai du mal…
Alors oui, ce shérif-là, je l’ai aimé d’emblée : il a perdu sa femme, il est malheureux, il vit dans un bled où il ne se passe rien, il aime les gens, il est bourru… Pareil pour Henry Standing Bear, son ami Indien à l’humour pince-sans-rire. Il n’y a pas à dire, la population du comté d’Absaroka ressemble à de vrais gens, on y est avec eux au quotidien, c’est indéniable. Mais moi, je voulais lire un policier, ou un polar, avec un peu de nature dedans, mais pas trop quand même. Or ici, les événements mettent bien du temps à s’installer, un premier crime, le suivant beaucoup plus loin, c’est long.
L’intrigue est bien bâtie, elle est sordide puisqu’elle repose sur le viol d’une jeune Indienne un peu simple d’esprit, victime en fait dès l’état fœtal de l’alcoolisme de sa mère. Ce viol collectif n’a jamais été vraiment puni même si les coupables ont été identifiés et il semblerait que deux ans après les faits, Melissa Little Bird se soit trouvé un vengeur.
Je recommande la lecture de ce livre, mais je constate juste qu’il n’est pas dans mes cordes et que je ne lirai pas la suite. Je suis quand même arrivée à la fin de ce livre, ce qui est quand même exceptionnel vu que je n’ai jamais réussi à terminer un livre de Jim Harrison…
Bien des lecteurs ont apprécié le passage où Walt Longmire est pris dans le blizzard : c’est exactement le genre de passage que je trouve particulièrement laborieux.
Little Bird
Craig Johnson traduit de l’anglais par Sophie Aslanides
Gallmeister, 2009
ISBN : 978-2-351178-025-1 – 408 pages – 23.90 €
The Cold Dish, parution aux Etats-Unis : 2005
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