Le dernier jour de ma vie de Lauren Oliver

Me revoilà plongeant dans la littérature de jeunes filles, grâce à la fameuse collection Black Moon de chez Hachette Jeunesse qui plaît même à celles qui ont en théorie passé l’âge. Je l’ouvre avec beaucoup d’a priori, je le referme avec juste un peu moins, parce que sans être inoubliable, ça n’est pas si mal. Et parce que ça plairait aux jeunes filles. Et à celles qui ont passé l’âge…

Sam est une jeune Américaine comme on n’aimerait pas en rencontrer : belle, riche, insolente, égoïste, en un mot : populaire. Sa place elle l’a conquise, elle était insignifiante et moquée et maintenant, en Terminale, c’est elle qui se moque. Avec ses super copines, elle marche sur la tête des autres, piétine les plus faibles, méprise à tour de bras et juge à l’apparence.

Dommage pour elle, à l’issue d’une soirée très arrosée, elle meurt dans un accident de voiture. Et voilà qu’elle se réveille dans son lit, comme la veille, et qu’elle revit sa journée, semblable ou presque à la précédente, avec mort à la fin. Troisième journée, troisième réveil…

Et là je me dis que ça commence à faire beaucoup. Parce que les quatre-vingts premières pages qui relatent la journée type de cette pétasse imbuvable sont un peu longues. La deuxième journée pareil, alors j’abordais la troisième avec appréhension. Et c’est là que les choses changent vraiment, parce que Sam comprend qu’elle peut faire quelque chose, en tout cas, elle décide d’influer sur les événements. Elle regarde donc enfin les autres, essaie de les comprendre voire même de les aider. Et comme il faut bien sûr une dose de romance dans cet Harlequin pour jeunes filles d’aujourd’hui, elle regarde d’un œil différent son petit ami (avec lequel elle doit perdre sa virginité le soir même), le gars le plus convoité du lycée, son prof de maths super sexy, et Juliet Sykes, souffre-douleur de sa bande de copines depuis la primaire.

Le point positif du roman, c’est la jeune Sam, une héroïne pas forcément aimable, dont on suit la lente et crédible évolution. Parce qu’elle était vraiment une sale gosse, il lui faut quand même revivre sept fois le dernier jour de sa vie pour arriver à la bonne version, celle de l’équilibre des sentiments et des événements. C’est une adolescente, une fille de riche égoïste qui sonne terriblement vrai. Et avec elle, les autres adolescents américains friqués, qui boivent, font des fêtes, sortent les uns avec les autres, construisent et détruisent des réputations sur trois fois rien.

La jeune fille futile et cruelle doit donc passer par l’expérience de la mort pour enfin prendre les autres en considération, pour finalement s’ouvrir au monde. C’est un peu radical, mais ça fonctionne, notamment parce que Sam n’est pas la meneuse, juste un suiveuse qui ne veut pas trahir ses amies. Le roman résonnera certainement pour les jeunes lectrices.

 

Le dernier jour de ma vie

Lauren Oliver traduite de l’anglais (américain) par Alice Delarbre
Hachette Jeunesse (Black Moon), avril 2011
449 pages, 18 €

Before I Fall, parution originale : 2010





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