Cloclo de Florent-Emilio Siri

Eh oui, je suis allée voir « Cloclo »… Je pourrais invoquer mes filles, expliquer qu’elles m’y ont trainée, mais même pas. Pas fan du chanteur pourtant, j’ai même cru toucher le fond de ma patience quand ma cadette a eu sa période Cloclo, vers douze-treize ans. Mais Claude François, c’est toute ma jeunesse, comme disait ma grand-mère : c’est Podium, c’est Maritie et Gilbert Carpentier. J’étais enfant sous Pompidou et Giscard, grave période pour la chanson populaire française. Et j’ai beau faire, je me rappelle précisément l’annonce de sa mort. Bref, grosse bouffée de nostalgie en perspective.

Pour faire court, je suis ressortie de la salle totalement bluffée : Jérémie Rénier EST Claude François, c’est impressionnant, saisissant, évident.  Il a dû regarder des kilomètres d’émissions pour être à ce point le bonhomme, dans ses gestes, son attitude, pour ce que je m’en souviens. Quand il chante en play-back sur la voix de Claude François, il le fait encore mieux que lui !

J’appréhendais les deux heures trente, mais il n’y a pas une minute de trop : l’enfance en Egypte, la fuite, l’arrivée à Monaco, les premiers disques, tout est bien calibré, je ne me suis pas ennuyée. Les parents sont très forts, avec la mère, la mamma, omniprésente, joueuse invétérée, débordante d’amour, et le père fier, imperturbable, qui rejette jusqu’au dernier moment son fils devenu saltimbanque. D’où l’énorme besoin d’amour et de reconnaissance.

Le portrait est assez féroce, ce type était vraiment caractériel, jaloux, colérique. Beaucoup de femmes autour de lui, qu’il consomme sans modération, des femmes objets adulatrices  comme il en existera toujours. Ses compagnes successives sont surveillées, voire enfermées et doivent être toujours belles, souriantes et disponibles.  Les gens qui travaillent avec lui doivent supporter les insultes et humiliations qu’il déverse sur eux à la moindre contrariété. Il est devenu rapidement un busines man intransigeant et un patron de presse omnipotent. Bref, « Cloclo » ne dessine pas un portrait flatteur du chanteur. J’ai lu ici et là qu’il aurait pu (ou dû, pour être vraiment réaliste) être pire car la star se conduisait en despote, faisant parfois même usage de violence.

Mais on le voit aussi sans cesse se renouveler, s’entrainer, danser, avoir de nouvelles idées et saisir l’air du temps : pour le twist, il était là, pour les danseuses peu vêtues (et noires de surcroît) se trémoussant sur scène, il était là, pour le disco, il était là.

Deux heures trente épatantes sur un type vraiment insupportable, c’est quand même une belle réussite, le biopic par excellence.

 

Cloclo de Florent-Emilio Siri
Avec Jérémie Rénier, Benoit Magimel
Durée : 2h 28 – Sortie nationale : 14 mars 2012





24 responses to “Cloclo de Florent-Emilio Siri”

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