Partager la publication « L’énigme des Blanc-Manteaux de Jean-François Parot »

Tâchons de faire court puisqu’il existe, me semble-t-il, un engouement autour de Nicolas Le Floch, qu’après lecture de ce premier volume je ne partage pas, mais qui lui a valu une adaptation télévisée que je ne regarderai pas. L’énigme des Blancs-Manteaux remplit le cahier des charges du roman policier historique : un héros de caractère qui s’apprécie, un contexte maîtrisé, une restitution soignée, une intrigue solide et de préférence haut placée. Le héros : Nicolas Le Floch, Breton orphelin élevé par un bon chanoine, envoyé à la capitale grâce aux relations de son noble parrain, le marquis de Ranreuil, pour devenir rien de moins que l’assistant du lieutenant criminel de Paris.
Le contexte : Paris au début de 1760 sous le règne de Louis XV et de la marquise de Pompadour. La restitution : version intégrale avec descriptions des rues, vêtements, métiers, jusqu’à des scènes entières pour décrire un repas entre gens de très bonne compagnie. L’intrigue : le commissaire Lardin chez lequel Nicolas Le Floch est logé a disparu. Le jeune homme doit enquêter sans faire de vagues car il ne s’agit pas là d’un « banal cas criminel, mais bien d’une affaire d’Etat ».
J’ai trouvé ce livre très convenu. Rien de surprenant tant en ce qui concerne les différentes scènes que les personnages. Un seul exemple : Nicolas est amoureux d’Isabelle, la fille de son parrain, celui qui lui veut tant de bien. Ce bienfaiteur surprend Nicolas et Isabelle, se fâche et défend au jeune homme de jamais revoir sa fille. « Mon filleul, tu ne peux pas comprendre. Fais-moi confiance, un jour tu sauras. Je ne peux rien t’expliquer maintenant. » Est-ce que j’ai vraiment lu trop de livres ou bien vous aussi vous avez deviné que Nicolas est le fils illégitime du marquis ? On est censé l’apprendre à la fin, sur le mode de la révélation extraordinaire, mais enfin, avec une scène pareille page 58, on sait à quoi s’attendre…
Et que dire de la scène finale où Nicolas Le Floch explique brillamment le pourquoi du comment à tous les protagonistes rassemblés, exposant ainsi le cheminement de ses réflexions et déductions. On se croirait dans un salon avec Hercule Poirot…
Je me suis donc ennuyée à la lecture de ce roman qui accumule les topiques. Même Nicolas ne m’a pas intéressée car il n’est qu’un ensemble de lieux communs : pauvre mais méritant, origines cachées, honnête, amoureux, compréhensif envers les laissés pour compte, naïf sur la voie de l’endurcissement mais pas trop, comprend vite mais pas assez pour se faire un peu taper dessus. Ce premier tome ressemble à mes yeux à une bonne copie, à un exercice correctement effectué. Ceci dit, le roman policier historique avec héros récurrent est un genre assez convenu en lui-même.
L’énigme des Blancs-Manteaux
Jean-François Parot
Lattès, 2000
ISBN : 978-2-7096-2037-6 – 430 pages – 14 €
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