
Inge Scholl raconte ici l’histoire de son frère Hans et de sa sœur Sophie Scholl, et au-delà de ces quelques étudiants qui choisirent de résister au nazisme en Allemagne pendant la guerre. Les enfants Scholl étaient jeunes quand Hitler accéda au pouvoir. Ils furent d’abord enthousiasmés par son patriotisme parce qu’ils aimaient profondément leur pays. Ils s’engagèrent donc dans les Jeunesses hitlériennes malgré les réticences de leur père. Mais très vite, le national socialisme prit une orientation qui ne leur plaisait pas. Interdictions, arrestations, déportations : « notre pays ressemblait tout entier à un immense cachot ».
Hans est étudiant en médecine lorsque la guerre éclate. Après la campagne de France en tant qu’infirmier, il repend ses études en étant aussi à moitié soldat. Il se fait des amis parmi les étudiants en médecine. Tous partagent un goût pour la littérature, la confrontation intellectuelle mais aussi pour les plaisanteries potaches et la joie de vivre.
L’amour du pays et de la vie sont, je crois, les deux forces principales de ces jeunes gens. Ils veulent vivre dans leur grand et beau pays, la tête haute. Ils ne veulent pas que le monde les regarde avec dégoût, désigne l’Allemagne comme le peuple assassin. Ce qu’ils veulent, c’est retrouver la fierté d’être allemand. Pacifiquement (résistance passive, sabotage), les membres de La Rose blanche tentent de saper l’état hitlérien.
Le film de Marc Rothemund ne s’intéresse qu’aux derniers jours de la jeune Sophie Scholl. Elle a 21 ans et décide d’accompagner son frère dans la distribution à l’intérieur de l’université de Munich de tracts antinazis. Mission extrêmement dangereuse donc au cours de laquelle ils sont arrêtés. C’est pendant l’interrogatoire de Sophie Scholl que le spectateur assiste à la mise en scène d’un face à face. Robert Mohr, qui l’interroge, est très intelligent et trouve en Sophie Scholl un cerveau à sa mesure. Toute femme et jeune qu’elle est, elle se bat mot à mot pour ses idées. Ainsi répond-elle à chaque argument avec calme et conviction. Tous deux veulent la grandeur de leur pays. Mais elle a honte alors qu’il se hisse sans scrupule sur des milliers de cadavres.
Le film, aussi sobre que fort, suggère la grande dignité de Sophie Scholl et de son frère, la ferveur de son engagement et sa foi. Il n’y a pas de scènes de guerre, il s’agit plus de mettre en image un combat idéologique et la volonté individuelle. L’hystérie nazie est incarnée par le président du tribunal du peuple qui condamne Sophie et ses amis pour « haute trahison, propagande subversive, complicité avec l’ennemi et démoralisation des forces militaires ». Sans effet de mise en scène ni beaucoup de dialogues, la fin du film prend aux tripes par son réalisme et sa sobriété.
Sur la Rose blanche et la résistance allemande au nazisme.
La Rose blanche, six Allemands contre le nazisme
Inge Scholl traduite de l’allemand par Jacques Delpeyrou
Minuit (Double), 2009
ISBN : 978-2-7073-2051-3 – 155 pages – 6.80 €
Die Weiße Rose, parution en Allemagne : 1953
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