Dragon rouge de Thomas Harris

C’est dans Dragon rouge qu’apparait pour la première fois le célèbre Hannibal Lecter. Un personnage qu’on ne présente plus tant sa fâcheuse manie de manger ses victimes lui valut tous les honneurs, jusqu’à de multiples adaptations cinématographiques.  Ceux qui ne sauraient regarder la bête en face peuvent commencer par l’envisager sous sa forme papier, d’autant plus qu’ici, il ne tient qu’un rôle secondaire. Il est emprisonné derrière les barreaux de l’hôpital psychiatrique Chesapeake pour criminels irresponsables. Quoique supérieurement cynique et intelligent, c’est évident.

Le héros de Dragon rouge c’est Will Graham. Ancien spécialiste en médecine légale, il a quitté le FBI pour se faire mécanicien et épouser Molly. Mais Jack Crawford, qui dirige la section des sciences du comportement à Baltimore vient le chercher car l’enquête sur un tueur particulièrement sanguinaire piétine. Deux familles ont été retrouvées massacrées chez elles et les deux scènes de crime présentent des similitudes à exploiter pour faire progresser les recherches. Graham accepte de reprendre du service pour traquer celui qu’on surnomme déjà « La Mâchoire ». Il va demander conseil au docteur Hannibal Lecter, psychiatre emprisonné qui s’y connaît en matière de psychopathe. C’est Graham qui l’a fait arrêter, mais le médecin accepte de l’aider, d’autant plus que le tueur parvient à entrer en contact avec lui.

Le tueur, c’est Francis Dolarhyde que le lecteur suit parallèlement à l’enquête du FBI. Le type vit seul depuis la mort de sa grand-mère qui l’a élevé. Il est né avec une déformation faciale qui l’a toujours handicapé, au point de lui interdire toute vie sociale et sentimentale. Il est obsédé par un tableau de William Blake représentant un dragon qui, croit-il, le possède et le pousse à tuer.

Le suspens se met donc en place : Graham a jusqu’à la prochaine pleine lune pour trouver le tueur avant qu’il n’entre à nouveau en action. Dolarhyde va jouer avec lui comme un chat avec une souris. Le contre-la-montre est enclenché et l’étau se resserre dans une structure assez traditionnelle dans un thriller. C’est un combat entre deux cerveaux qui se met en place : celui détraqué de l’un, celui réfléchi de l’autre. Et le lecteur de se ronger les ongles en attendant de savoir lequel aura la peau de l’autre, s’il y aura de nouvelles victimes. Traditionnel mais efficace.

Même s’il reste au second plan dans Dragon rouge, le personnage d’Hannibal Lecter est déjà terriblement impressionnant, malsain. Son intelligence froide de psychopathe fait frémir. Je me suis juste demandé s’il était possible qu’un détenu enfermé dans le quartier de haute sécurité d’un hôpital psychiatrique pouvait effectivement dans les années 80 correspondre avec qui bon lui semble sans que son courrier ni ses appels téléphoniques ne soient surveillés…

Les amateurs de thrillers ont certainement déjà lu Dragon rouge,  un classique du genre, les occasionnels ne regretteront certainement pas leur choix.

 

Dragon rouge

Thomas Harris traduit de l’anglais par Jacques Guiod
Pocket, 2002
ISBN : 2-266-10367-9 – 413 pages

Red Dragon, parutions aux Etats-Unis : 1981





21 réponses à « Dragon rouge de Thomas Harris »

  1. Cachou
    1. Sandrine
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      2. Sandrine
    1. Sandrine
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    1. Sandrine
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  3. Manu
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