Je m’étais pourtant bien préparée à avoir peur. Pensez-donc : un film qui s’appelle « Atrocius », regardé dans le noir complet à la nuit tombée, le casque sur les oreilles… Eh bien en fait, malgré ses soixante-quinze minutes, je l’ai trouvé surtout long ce film, et au final : même pas peur !

Deux adolescents espagnols se préparent à passer un long week-end pascal avec papa, maman et petit frère dans une maison de campagne. Heureusement, ils ont déniché une vieille légende urbaine (leur passion) susceptible de leur fait passer le temps : si vous vous perdez, la très jeune Melinda, ou plutôt son fantôme, apparaitra et vous montrera le chemin ; mais gare à ne pas tomber dans le puits.

Le frère et la sœur sont vidéastes amateurs. Le film que l’on regarde, c’est ce qu’ils filment (remonté plus tard par la police). Ça ressemble donc à de la vidéo amateur (technique du « found footage », chère au Projet Blair Witch), vous savez, ces films que les parents imposaient aux amis, du genre ah comme elles étaient belles nos vacances : la famille dans la voiture, la partie de foot avec papa, il est mignon le chien-chien… . Et soixante-quinze minutes d’images tremblées, non cadrées, c’est long. C’est d’ailleurs le principal défaut du film : les scènes sont beaucoup trop longues.

Alors bien sûr, il y a la traditionnelle visite de la cave (exiguë, souvenirs de famille, peu de lumière) et surtout, la découverte du labyrinthe végétal abandonné contigu à la maison. Le plus long je crois : pendant d’interminables minutes, July (Clara Moraldeta) filme son frère qui avance devant elle (on ne voit donc que son dos), ou bien c’est Cristian (Cristian Valencia) qui filme les arbres et arbustes. On les entend jurer, renifler… Passionnant, vraiment.

Ça s’accélère à la fin, et encore, la course nocturne dans le labyrinthe n’en finit pas, tout en lumière verdâtre. L’angoisse est censée être dans ce qu’on ne voit pas, dans les bruits, les cris. Mais non, pour moi il est trop tard, ils peuvent bien tous mourir massacrés, ils ne m’intéressent plus. La technique du found footage, qui doit accentuer le réalisme, ne s’appuyant sur aucune tension dramatique, la peur n’est pas au rendez-vous, ni même l’inquiétude ou la surprise. Bref, décevant.

Atrocius
Fernando Barreda Luna, 2012





4 réponses à « Atrocius de Fernando Barreda Luna »

  1. Lisbei
    1. Sandrine
  2. Kirst
    1. Sandrine

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