
La vie d’Oscar, vingt ans et aide-soignant dans une maison de retraite, est bouleversée le jour où il rencontre Iris, étudiante en médecine. C’est attiré par la musique envoutante des grandes orgues qu’il pénètre dans la chapelle de King’s College à Cambridge et qu’il la voit pour la première fois. Ce qu’il comprend rapidement, c’est que s’attacher à Iris, c’est aussi côtoyer son frère, Eden Bellwether. Tous deux font partie d’une riche famille et ne fréquentent qu’une poignée d’étudiants, les mêmes depuis des années, avec lesquels ils forment un groupe soudé.
Oscar n’a pourtant aucun mal à s’intégrer dans ce monde qui n’est pas le sien. C’est que c’est un brave jeune homme, généreux et attentif qui n’hésite pas à se plier aux excentricités d’Eden. Il se laisse même hypnotiser lors d’une soirée par sa musique et transpercer la main par une aiguille. Le lendemain, la blessure est presque cicatrisée.
C’est qu’Eden est persuadé d’avoir certains pouvoirs. Il pense que la musique, sa musique, peut envoûter et même guérir. Il se sait thaumaturge. Iris elle est inquiète pour son frère et demande l’aide d’Oscar pour prouver que certains de ses comportements sont néfastes. Aussi, quand elle se fracture la jambe et qu’Eden se fait fort de la remettre sur pied bien plus rapidement que la médecine et la kinésithérapie, elle propose à Oscar de filmer son frère en action.
Oscar n’hésite pas à entrer dans ce jeu car il a compris qu’Eden souffre d’une Personnalité narcissique : surestime de soi, besoin impérieux d’être admiré, manque d’empathie, manipulation d’autrui, délire de grandeur et de toute-puissance… Mais Iris guérit effectivement beaucoup plus rapidement que prévu et regrette la mission confiée à Oscar : son admiration pour son frère n’a plus de bornes. Bientôt, prêt à tout pour sauver un vieux psychologue malade, Herbert Crest, rencontré alors qu’il cherche à comprendre Eden, Oscar les fait se rencontrer. Musique et imposition des mains : la tumeur du cerveau du docteur Crest cesse de se développer. Lui-même se sent beaucoup mieux.
Grâce au regard extérieur d’Oscar, le lecteur découvre le fascinant Eden Bellwether. Comme le lecteur, le jeune homme s’interroge, cherche à comprendre comment fonctionne cet être hors du commun, s’il est simplement fou ou dangereux pour les siens. Il ne condamne pas d’emblée les excentricités et prétendus pouvoir d’Eden, il est même prêt à croire que certaines personnes sont capables par la force de leur esprit, de soulever des montagnes et d’en persuader les autres. Mais à l’évidence, Eden n’est pas un bienfaiteur de l’humanité, il travaille à sa propre gloire. Quel est son but ? Qu’est-il prêt à faire pour y parvenir ? D’excentrique Eden devient inquiétant. D’autant plus que le lecteur sait, grâce au prélude, que tout ça finira mal.
A l’image d’Eden Bellwether, Benjamin Wood manipule avec habileté le lecteur de son premier roman. Il l’entraine à la suite d’Oscar à la découverte d’une personnalité trouble et fascinante qui nage entre paranormal et folie.
Le complexe d’Eden Bellwether
Benjamin Wood traduit de l’anglais par Renaud Morin
Zulma, 2014
ISBN : 978-2-84304-707-7 – 499 pages – 23.50 €
The Bellwether Revivals, parution en Grande-Bretagne : 2012
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