
Rose, jeune femme de vingt-huit ans, est l’unique héritière du comte de Greer en exil, lord Edmund. A la naissance de sa fille, il a fui l’Angleterre avec sa femme lady Mary, pour échapper aux persécutions contre les catholiques et à son frère James qui a mis la main sur ses biens. En 1598, dans la France d’Hendi IV et de l’Edit de Nantes, les tensions religieuses ne sont pas encore apaisées. Pourtant, ce n’est pas ce qui préoccupe Rose au premier chef, non. Ce qui l’inquiète c’est que son père cherche encore à la marier et qu’elle doit rencontrer son prétendant au prochain bal parisien du marquis de Jouars.
Bien décidée à échapper une nouvelle fois aux chaînes matrimoniales, Rose fomente un plan avec son amie de toujours Charlotte de Carville : la belle Charlotte séduira le prétendant de Rose, échappant ainsi à celui que son père a choisi pour elle et qui lui déplait.
Le plan fonctionne à merveille : Charlotte séduit sans mal le vicomte de Chaumontel, beaucoup plus jeune et avenant que prévu. Ce que les deux jeunes femmes n’avaient pas prévu c’est que Rose tomberait sous le charme du mystérieux Artus d’Holival, comte de Janlys. Le bal aurait été idyllique si une altercation entre catholiques et protestants n’était venue l’entacher.
De retour à Rouen, les Greer sont aussi sujets à des attaques : une pierre vient fracasser la fenêtre et s’écraser sur la table du dîner familial ; des gens soudoient un domestique pour qu’ils puissent pénétrer de nuit dans la demeure ; enfin, la voiture de lord Edmund est attaquée nuitamment : il est mortellement blessé.
Nous voilà à la moitié du roman et il n’est encore question que d’Histoire et de romance. Je ne dévoilerai maintenant cependant rien que le lecteur ne puisse deviner puisque que la tranche du livre comporte la mention « bit-lit ». Car oui, Rose se réfugie chez le comte de Janlys et son frère Adelphe, qui s’avèrent tous deux être des vampires, même si le mot n’est jamais employé.
Bit-lit et romance sont a priori deux mots qui me font fuir. Il se trouve que Céline Landressie se sort haut la main de tous les poncifs du genre, en tout cas beaucoup mieux que tout ce que j’ai pu lire dans le genre (même si c’est peu). Deux atouts : une maîtrise du contexte historique et une belle écriture qui ne craint ni les tournures archaïques ni le vocabulaire précis qu’impose l’époque. Les connaissances historiques requises ne sont pas insurmontables, d’autant moins qu’un glossaire final explique certains points ou certains mots, même très basiques.
Restent quelques éléments incontournables du genre : Rose est à l’évidence une femme de caractère et Artus un séducteur au passé mystérieux. Leurs rapports vont connaître des hauts et de bas, d’abord centrés sur tout ce qu’Artus cache à Rose. D’autres enjeux dépassent la romance, à savoir la vengeance de Rose qui veut savoir qui a commandité la mort de son père, et les agressions dont est victime le clan d’Artus. Car la jeune femme va découvrir que son amant est l’Héritier, à la tête d’une famille et de bien plus et qu’il fait des jaloux. Que certains crimes qu’on impute aux conflits religieux sont en fait dus aux affrontements entre créatures…
Donc, à tous mes bibliothécaires stagiaires qui cherchent désespérément une série de bit-lit qui sorte du lot, je conseille cette série, Rose morte, dont La Floraison est le premier tome (réédité ici en poche après un grand format chez L’Homme Sans Nom). Trois tomes sont sortis, cinq sont prévus.
Rose morte : 1 : la floraison
Céline Landressie
Bragelonne (Milady), mars 2015
591 pages, 7,90€
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