Dracula Untold pourrait se traduire en version woody allenienne par : « tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Dracula sans jamais oser le demander ». Il s’agit ici bien sûr du premier Dracula, Vlad Tepes lui-même. Oui, on va enfin nous révéler qui de la poule ou de l’œuf… Parce qu’il est bien là le problème, non ? Comment Vlad Tepes est-il devenu le premier vampire s’il n’y avait pas de vampires avant lui, hein ?
Vous êtes prêts pour la méga révélation ? The Untold one ?
Le royaume de Transylvanie vit en paix depuis le retour du prince Vlad (Luke Evans) de chez les Turcs qui l’ont obligé à se battre pour eux et où il s’est montré sanglant et cruel. C’est un prince pacifique, bon mari et bon père. Il paie un tribut au sultan Mehmet (Dominic Cooper) pour maintenir la paix. Mais voilà qu’on découvre dans une vallée un casque turc : sont-ils de retour ? Veulent-ils la guerre ?
Le sultan Mehmet demande bientôt un millier de jeunes garçons pour son corps de janissaires. Vlad doit aussi donner son fils comme otage royal : il sera élevé à la cour du sultan comme il le fut lui-même. Vlad décide de tout faire pour sauver son fils, son peuple, son royaume.
Il va chercher de l’aide dans une grotte : il veut retrouver la créature cruelle, sanguinaire et très pâle (Charles Dance) qui a tué ses hommes peu auparavant et lui demander son aide pour sauver son pays des Turcs. La créature fait un pacte avec lui : si Vlad boit son sang, il aura d’immenses pouvoirs : vision nocturne, rapidité, guérison, résistance et capacité à se transformer en une nuée de chauves-souris. Il connaîtra en échange un irrépressible besoin de sang. Mais s’il peut résister à ce besoin pendant trois jours, il redeviendra un simple mortel et aura sauvé son peuple. Mais s’il ne résiste pas, ce sera pire car la créature sera libérée, Vlad deviendra le vassal des ténèbres, un fléau s’abattra sur son peuple, sa famille, son pays.
Et là, je sens que vous êtes déçu : eh oui, Vlad n’est pas le premier vampire. Ce qu’on savait déjà historiquement parlant puisque le vrai prince de Valachie n’a jamais sucé le sang de personne, il était juste un peu plus cruel que les autres. Mais Gary Shore a éprouvé le besoin de mêler Histoire et mythe littéraire (il n’est pas le premier, ok), sans pour autant faire avancer le débat : quid de la poule ou de l’œuf, on en revient toujours là.
Visuellement, j’ai l’impression d’avoir déjà vu tout ça cent fois : plongées et contre-plongées plein écran sur les montagnes, vallées, batailles, nuées de chauves-souris. Un vrai jeu vidéo.
Les maquillages sont réussis, en particulier la transformation du visage de Luke Evans qui devient enfin un peu expressif avec ses grandes dents. Le reste du temps, il doit être un hommage caché à Keanu Reaves dans le Dracula de Coppola.
A la toute fin du film, on retrouve Mirena (Sarah Gadon) et Vlad dans le New York d’aujourd’hui : ils se rencontrent. Elle lui dit s’appeler Mina, il lui dit s’appeler Vlad. Et elle ne tique même pas. Moi je suis certaine que si je rencontre un type qui me dit s’appeler Vlad, je prends mes jambes à mon coup : pas le temps de m’encombrer la vie avec un mythomane. Pas même avec le prince de Valachie…
Au final, qu’en est-il de la grande révélation, de ce untold ? Eh bien voilà : Vlad, c’était un type bien, il aimait sa femme, il aimait son fil, probable qu’il aimait aussi son papa et sa maman. C’était un bon prince, prêt à tout pour sauver son peuple. Ouais. Ce sont ces méchants Turcs qui l’ont perverti avec leur volonté de tout conquérir. Fallait bien se défendre, pas vrai ? La sécurité intérieure, c’est important.
Voilà pour la première révélation.
La seconde, c’est que sans sa femme il n’aurait pas cédé. Il a tenu deux jours pleins Vlad, et c’est elle la tentatrice qui lui a dit de boire son sang alors qu’elle était à l’agonie. Et lui bien sûr, il n’a pas pu résister : il est devenu vampire à cause d’elle.
Dracula Untold : un vrai film original.
Dracula Untold de Gary Shore
Durée : 1 h 32 – Sortie nationale : 2014
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