Ysabel de Guy Gavriel Kay

Ned Marriner, jeune Montréalais de quinze ans, séjourne en France aux côtés de son père, un photographe célèbre. Ce dernier doit prendre des photos pour illustrer un ouvrage historique sur la Provence. Pendant qu’avec ses assistants, il parcourt la région, son fils Ned se balade à Aix où il fait la connaissance de Kate, jeune Américaine. Ensemble, ils visitent la cathédrale et Ned rencontre un homme très étrange après s’être introduit dans les sous-bassements de l’édifice. Une première expérience qui se renouvellera, puisque le jeune garçon va se trouver au centre d’une querelle très ancienne, dont les protagonistes réapparaissent à la faveur de la fête de Beltaine, le 1er mai.

Deux hommes se disputent alors une femme, Ysabel, qui pour s’incarner a besoin d’une femme bien vivante. Ce sera Mélanie, la méticuleuse assistante d’Ed Marriner, le photographe. La jeune femme disparait sous les yeux ahuris de Ned au cours d’une cérémonie rituelle qui voit se renouveler le duel millénaire entre deux prétendants. Ils vont devoir se lancer à la recherche de leur bien-aimée, tout comme Ned, décidé à retrouver Mélanie.

Pour l’auteur canadien Guy Gavriel Kay, c’est l’occasion de plonger son lecteur dans le passé celte de la Provence, de convoquer l’Histoire ancienne, les luttes de pouvoirs et les lieux mythiques de cette région. Si, plutôt inhabituellement, Kay bâtit son intrigue et ancre ses personnages dans une période qui est la nôtre, c’est pour évoquer la permanence de l’Histoire qui s’enracine mieux que jamais dans certains lieux et certains édifices qui ont traversé les siècles. Et un terroir qu’il semble particulièrement connaître et apprécier.

En dehors du fait que ce roman me parait relever de la littérature jeunesse, j’ai eu beaucoup de mal à le lire. La traduction est tout simplement catastrophique. Outre la lourdeur des phrases, le vocabulaire (français de France) n’est à l’évidence pas maîtrisé. Je pourrais fournir des pages et des pages d’exemples, malheureusement, mais m’en tiendrai à quelques-uns. Elisabeth Vonarburg emploie systématiquement le mot « cellulaire » à la place de « téléphone portable ». Elle fait dire à Ned, lycéen, qu’il a des « essais » à écrire pendant qu’il rate l’école, alors que ce sont au pire des dissertations, au mieux des devoirs écrits, tout simplement. Elle emploie systématiquement l’adjectif « épeurant », qui n’existe pas en français, pas plus que le film La Matrice. Chez nous, on ne se s’envoie pas des JPGs via nos portables mais des photos, et on ne se gare pas sur des terrains de stationnement mais sur des parkings. Plusieurs fois, Ned traite Kate de geek, alors qu’elle n’a rien à voir avec l’informatique. Pour nous, un ou une geek désigne quelqu’un féru d’informatique, c’est tout. Or, Ned dit simplement d’elle qu’elle est une intello… (je remercie en passant toutes les séries américaines qui contribuent largement à l’amélioration de mon vocabulaire US !).

Voilà pour le vocabulaire, mais syntaxe et grammaire ne se portent pas mieux : « dans tous les azimuts », « on pouvait monter dans les échelles », « une barbe sel et poivre », « je crois que tu obsèdes un peu trop sur aujourd’hui ».

Bref, la traduction est un vrai massacre, elle pique les yeux tout du long et m’a clairement empêchée d’apprécier pleinement ce roman, lauréat (dans sa langue originale) du World Fantasy Award 2008.

Guy Gavriel Kay sur Tête de lecture

 

Ysabel

Guy Gavriel Kay traduit (?) de l’anglais par Elisabeth Vonarburg
Alire, 2007
466 pages

Ysabel, parution originale : 2007





16 réponses à « Ysabel de Guy Gavriel Kay »

    1. Sandrine
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      1. Sandrine
  1. Lisbei
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      1. Sandrine
    1. Sandrine
  2. NOEL
    1. Sandrine

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