Moins qu'hier (plus que demain) de Fabcaro

Revoilà Fabcaro qui avec sa loupe bien à lui observe notre société. Dans Moins qu’hier (plus que demain), comme il l’a fait avec Et si l’amour c’était aimer, il s’en prend au couple, sujet intarissable et universel s’il en est. Car qui n’est jamais tombé amoureux ? Qui n’a pas cherché à plaire pour séduire ? Qui n’est pas allé contre sa nature pour faire plaisir à sa conquête ? Mais au final, les plus belles histoires d’amour ne finissent-elles pas toutes de la même façon, dans l’ennui et l’incompréhension ? C’est triste mais présenté par Fabcaro, c’est surtout drôle.

Avec une majorité de six vignettes par page, Moins qu’hier (plus que demain) se présente sous forme de strips qui sont autant de scènes de la vie de couple, le plus souvent à chute. Les personnages ne se distinguent guère les uns des autres, les positions sont souvent les mêmes car ce qui importe, c’est ce qui se dit, ou ne se dit pas.


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Ce qui frappe c’est à quel point hommes et femmes ne  sont pas sur la même longueur d’ondes. On lit et on comprend que chacun semble parler un langage différent. Certains des couples n’en sont qu’à la phase de séduction mais d’autres ont clairement déjà pas mal vécu. Ils devraient se connaître voire même se comprendre mais chacun semble comme enfermé dans une bulle faite d’illusions, de cogitations personnelles qui confinent bien souvent à l’égoïsme. A l’image de Fabien, seul personnage qui revient plusieurs fois et qui bénéficie de trois vignettes par page. Il appelle Géraldine au téléphone, parle, parle et parle encore à sa boîte vocale en la remerciant pour les croissants qu’il pense qu’elle est allée chercher. Même si elle a pris sa valise pour ce faire et même si ça prend des heures : l’illusion est toujours plus douce que la réalité, faire semblant de ne pas voir est plus réconfortant qu’ouvrir les yeux et affronter les problèmes. Si seulement chacun pouvait apporter autant d’attention à l’autre qu’à soi-même… Mais la belle histoire d’amour se termine par un naufrage.

On est pourtant prévenus, nous dit Fabcaro, dès avant le mariage on sait que le truc n’est pas viable pour la vie et que le quotidien viendra à bout des plus forts. Mais on y va quand même : l’illusion est toujours plus douce que la réalité. Humains nous sommes, humains nous restons avec un immense besoin d’amour et d’attention. Alors on y croit, on se ment, on se fait des films, malgré la transformation programmée de la pièce montée en plat de nouilles

J’aime beaucoup ces deux femmes qui discutent à la terrasse d’un café :

– Et avec Philippe, ça va ?
– Oui, super ! J’ai enfin trouvé quelqu’un d’enveloppant, de rassurant… On partage beaucoup de choses, on lit, on va au ciné, on adore marcher dans la forêt, main dans la main… On fait la cuisine ensemble, on écoute la radio… C’est une relation très tendre, très complice. Et toi avec Bruno, ça va ?
– Oui, nous aussi on s’emmerde.

C’est trash mais c’est drôle et c’est drôle parce qu’il vaut mieux rire et se détendre un peu plutôt que de penser à ce que la vie fait à notre bel amour si on n’y prend pas garde. Mais dis monsieur Fabcaro, si tu nous faisais une BD pour nous dire comment le garder intact, ça serait vraiment bien…

 

Moins qu’hier (plus que demain)

Fabcaro
Glénat (Glénaaarg !), 2018
ISBN : 978-2-344-02579-6 – 64 pages – 12,75 €





18 réponses à « Moins qu’hier (plus que demain) de Fabcaro »

    1. Sandrine
  1. nathalie
    1. Sandrine
  2. keisha
    1. Sandrine
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    1. Sandrine
    1. Sandrine
    1. Sandrine

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