Wayward Pines

Wayward Pines est une série télévisée, je crois. En audiolisant le premier volume de la trilogie de Blake Crouch, on imagine très bien les épisodes. Et ça d’emblée, ça m’agace. Comme il y a déjà un bail de temps que j’ai arrêté les séries américaines et le cinéma américain d’aujourd’hui, j’imagine Tom Cruise en Ethan Burke mais il existe sans doute des dizaines de clones capables de faire la même chose tellement tout ça est convenu.

Ledit Ethan Burke se réveille à moitié amnésique dans la ville où, croit-il, il a eu il y a peu un accident. Il appartient aux services secrets américains. Et comme il se doit dans ce genre de roman, il est tellement pas malin qu’il ne se rend pas compte qu’il se trouve dans un hôpital désert. Ben pourquoi ça ne serait pas normal qu’il soit le seul patient ? Le réveil se la joue donc Walking Dead. Et si ce ne sont pas des zombies qui peuplent la ville de Wayward Pines, c’est pire : plusieurs centaines d’habitants gentils, prévenants, souriants, des jardins entretenus, des commerçants avenants, pas un délinquant, des enfants adorables. Le cauchemar américain dans toute sa splendeur.

Ethan Burke, le héros donc, ne veut pas se couler dans le moule bien sûr. Il veut quitter cette ville trop belle et retrouver sa femme et son fils. Parce que bien sûr, il n’y a rien au-dessus de la famille. Bon, d’accord, il a trompé sa femme, mais il regrette, donc ça va. Rien de ce qui lui arrive est inattendu et malgré l’avalanche de problèmes qui lui tombe dessus, on ne s’inquiète pas puisqu’il va s’en sortir. Bref, on n’y croit pas un moment.

Vous saupoudrez tout ça de souvenirs de la guerre du Golfe (grand trauma américain ayant remplacé le Vietnam) pour obtenir un ragoût du genre cheeseburger.

Ce qui m’a poussée à achever ce tome 1, c’est le scénario global : qu’est-ce que c’est que cette ville ? Et plus je perds mon temps à écouter ce roman, plus je me dis que la raison d’être de cette ville a intérêt à assurer, pas question de terminer en pétard mouillé. Elle se la joue Twin Peaks mais en mille fois moins bien. Car il n’y a pas dans Wayward Pines une once d’originalité et de talent narratif. J’en ai assez des mâles seuls contre tous (dans le même sac à ras le bol que les femmes fortes) : je veux de la nuance, de la psychologie, de l’humain ! Je veux Dale Cooper !!!

Il me faut malheureusement exprimer aussi mon exaspération face à la version audio de ce roman, franchement en dessous de tout. Elle annonce que le texte est lu par Thomas Alonso. Eh bien dans ce cas, Thomas Alonso n’existe pas. Ou plutôt c’est le petit nom d’une IA. La lecture est monocorde et exaspérante. Tout est débité sur le même ton, sans la moindre émotion. Certains mots ne sont pas correctement prononcés, c’est insupportable. Ce n’est pas un humain qui lit. Et je voudrais bien savoir comment on peut ainsi mentir sur un contenu, payant de surcroît ?

J’avais déjà lu un roman de Blake Crouch, Dark Matter, que j’avais trouvé très mauvais. J’ai retenté mais à présent, Blake et moi, c’est bien fini. Mais Anna est d’un autre avis.

Blake Crouch sur Tête de lecture

 

Wayward Pines 1 : révélation

Blake Crouch traduit de l’anglais (américain) par Patrick Imbert
Gallmeister, 2024
ISBN : 978-2-404-08020-8 – 368 pages – 7,90 €

Pines, parution originale : 2012





45 responses to “Wayward Pines 1 de Blake Crouch”

  1. Violette
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  3. Zarline Favre
  4. luocine
  5. bulledemanouec671473c7

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