Le tableau du peintre juif

Stéphane, le narrateur, se voit offrir un tableau par son oncle et sa tante, très âgés. Âgés au point d’avoir vécu la Seconde Guerre mondiale. C’est le tableau du peintre juif, celui que les grands-parents ont caché et qu’il leur a laissé en remerciements. Stéphane qui n’a jamais entendu parler de cette histoire est très surpris. Il décide alors d’en savoir plus sur cet épisode de la vie de ses grands-parents et surtout sur le peintre en question, Eli Trudel.

En fait, il est tellement fier de ses ancêtres qu’il décide d’entamer une procédure pour les faire reconnaître comme Justes parmi les Nations. Il va comprendre que ça ne se fait pas comme ça. Il doit se rendre avec le tableau en Israël, à Yad Vashem pour argumenter sa cause. Voilà qui tombe parfaitement bien puisqu’il est au chômage et que ce séjour lui permettra de mettre un peu de distance avec sa femme. Bien qu’il en souffre, leurs relations ne sont pas au mieux. Le tableau vient d’ailleurs les envenimer car Irène voudrait le vendre pour améliorer leur situation financière alors que Stéphane s’y refuse absolument.

Le voilà parti plein d’espoir pour Israël, son tableau sous le bras. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu. Si Yad Vashem s’intéresse effectivement au peintre juif, ce n’est pas pour les mêmes raisons que Stéphane. Car il s’avère que ses grands-parents n’auraient pas eu l’attitude héroïque que Stéphane leur prête, au contraire…

Le tableau du peintre juif est un roman à suspens efficace. On suit le malheureux narrateur dans ses pérégrinations et comme lui, on veut comprendre ce qui est arrivé à Eli Trudel et sa femme durant l’hiver 1943-1944 et ce qu’ont fait ses grands-parents. Ce que Benoît Séverac a imaginé tient vraiment la route. Pour ceux que la recherche en archives passionne, c’est à ne pas manquer. Quelques chapitres sont aussi consacrés à la fuite des époux Trudel durant ce fameux hiver. On est avec eux.

Les relations conjugales entre Stéphane et sa femme m’ont bien moins passionnée. Il ne cesse de se plaindre et on comprend donc très bien pourquoi elle le quitte. Lui tombe de l’arbre, bien sûr et n’en chouine que plus. C’est un pari risqué mais intéressant de faire du personnage principal, de surcroît narrateur, un homme désagréable. Mais je trouve qu’il manque de subtilité et de profondeur.

Donc malgré un personnage principal raté, je conseille ce roman qui oscille entre roman à suspens et enquête familiale et historique. Luocine aussi. Ingannmic et Aifelle ont eu plus de mal à le supporter…

Benoît Séverac sur Tête de lecture

 

Le tableau du peintre juif

Benoît Séverac
La Manufacture de livres, 2022
ISBN 978-2-3588-7885-2 – 320 pages – 20,90 €

 

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35 responses to “Le Tableau du peintre juif de Benoît Séverac”

  1. Violette
  2. luocine
  3. keisha41
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