Le temps des lézards est venu de Charlie Price

Un livre avec un titre comme celui-là, j’essaie tout de suite. Avec en plus une quatrième de couverture alléchante (« à la croisée de la science-fiction et du fantastique… une évocation saisissante de la folie« , chez un éditeur peu habitué au genre, c’est tentant.

Ben, jeune Américain de dix-sept ans vit avec sa mère qui multiplie les crises d’hallucinations : elle voit des gens qui se transforment en lézards. Plutôt pragmatique, Ben a appris à gérer ces crises, même si parfois il aimerait bien que son père revienne pour l’aider au quotidien : pas évident d’enfermer sa propre mère dans un placard en attendant que les lézards s’évanouissent… Alors quand il rencontre Marco à l’hôpital psychiatrique, Ben n’est pas si étonné que ça par son discours, au contraire, il y trouve une porte de secours qui pourra peut-être enfin lui venir en aide. Marco lui raconte en effet qu’il a trouvé un passage vers l’an 4000 où les médecins sont capables de soigner les maladies mentales. Mais bientôt, Ben s’interroge car l’histoire que Marco lui raconte, c’est la sienne : là-bas, en l’an 4000, les gens se transforment en lézards sous l’effet de l’émotion…

Pas la peine d’aller plus loin car comme dans toute bonne histoire de folie, le lecteur finit par se demander qui est fou dans cette histoire…

Ce roman est avant tout le portrait d’un adolescent qui doit affronter des problèmes d’adultes. Seul face à la déchéance de sa mère, abandonné par son père qui, trop faible, a décidé de fuir, Ben tente de rester fort. Mais là où l’auteur est habile, c’est qu’il ne montre pas l’impuissance, le désespoir du jeune homme. Avec les récits parallèles de Ben et de Marco, le lecteur comprend peu à peu et incidemment que la machine se détraque, que les événements sont trop complexes pour Ben et qu’il sombre peu à peu lui aussi…

Livre qui pourra être déroutant pour certains jeunes lecteurs car aucune clé n’est livrée et qu’il faut faire un travail d’interprétation. Mais le portrait de ce jeune garçon est intéressant, même si je l’ai parfois trouvé vraiment très décontracté face aux difficiles situations qu’il doit affronter.

 

Le temps des lézards est venu

Charlie Price traduit de l’anglais (américain) par Pierre Charras
Thierry Magnier (Grand Format), mai 2009
240 pages, 16 €







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