The Ghost Writer de Roman Polanski

Je ne serais certainement jamais allée voir ce film sans le concert de louanges entendu partout, sans les articles dithyrambiques qui ont accompagné sa sortie. Et sans les multiples comparaisons avec Shutter Island, sorti en même temps, qui expliquent de façon très convaincante que The Ghost Writer réussit là où Shutter Island échoue.

Je suis donc certainement passée à côté de quelque chose avec ce film qui ne m’a pas plus touchée qu’intéressée. C’est tout simplement une affaire d’espionnage, un pauvre type naïf qui se trouve pris dans une histoire qui le dépasse avec des méchants de la CIA. Pour un pitch très court, un écrivain (Ewan Mc Gregor) est engagé pour remplacer le nègre de Adam Lang (Pierce Brosnan), ancien premier ministre britannique, qui vient d’être retrouvé mort (le nègre, pas le ministre). Il part aux États-Unis retrouver Adam Lang sur son île. C’est alors qu’éclate le scandale : l’ancien premier ministre est accusé d’avoir autorisé la torture sur des prisonniers soupçonnés de terrorisme et doit passer en jugement devant le tribunal international de La Haye.

Je rassure tout le monde : je ne vis pas sur Mars et j’ai fait le parallèle entre la situation de Polanski poursuivi pour des crimes supposés ayant eu lieu il y a des décennies et celle de Adam Lang, obligé de se cacher. Mais moi, pendant tout le film, je pensais à Hitchcock, et surtout à La mort aux trousses, avec le superbe Carry Grant qui lui savait (sait toujours en fait), me faire croire qu’il était en danger, qu’il allait devoir se carapater vite fait parce que bon, ce sont vraiment des super méchants qui lui veulent du mal. Mais là, absolument rien de tout ça. Aucune angoisse à l’horizon (j’entendais bien la musique qui soulignait les moments-clés, sans pour autant sentir monter l’angoisse), pas de crainte pour le gentil nègre pourtant d’une naïveté à toute épreuve. Bref, aucun suspense, j’aurais même pu sortir avant la fin…

Malgré l’île, le temps pourri à souhait, la femme fatale, la poursuite en voiture (mais pourquoi et comment sème-t-il ses poursuivants aussi facilement ?!), je n’ai senti ni tension ni enfermement et j’attends encore que s’installe le climat de méfiance et de suspicion propre à ce genre de film.

Je crois que Roman Polanski est le réalisateur dont j’ai vu le plus de films (Le bal des vampires, Rosemary’s Baby, Le locataire, Tess, Pirates, Le pianiste, Oliver Twist...) et c’est la première fois que je suis déçue.

Il me faut quand même préciser que j’ai vu ce film « en flou » : les gros plans étaient nets, jusqu’aux prises de vue en buste, mais dès qu’on voyait les personnages en pied ou les larges vues, le film était légèrement flou (en cas de gros plans, c’étaient les sous-titres qui l’étaient) et c’était très très désagréable. Problème de réglages de projection ?

 

The Ghost Writer de Roman Polanski, adapté du roman de Robert Harris, L’Homme de l’ombre
Avec Pierce Brosnan, Ewan McGregor, Olivia Williams…
Durée : 2h 08 – Sortie nationale : 13 janvier 2010





46 réponses à « The Ghost Writer de Roman Polanski »

    1. Sandrine
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