Silas Marner de George Eliot

Silas Marner est tisserand. Il vivait une vie exemplaire comme membre de l’Église de la Cour de la Lanterne. Mais son ami William Dane le trahit, le faisant accuser d’un meurtre qu’il a lui-même commis. Il doit alors quitter son village.

Silas Marner part et s’installe à Raveloe. Il vit seul, amassant l’argent, y prenant goût petit à petit, jusqu’à compter chaque soir ses guinées. Le notable du coin, le squire Cass, a deux fils : Godfrey l’aîné et Dunsey, un bon à rien qui dépense plus qu’il ne peut et fait chanter son frère. Car Godfrey a un secret : il est marié à une paysanne ivrognesse et droguée à l’opium. Il ne veut bien sûr rien dévoiler de cet infâme mariage qu’il regrette. Mais il ne peut cependant pas combler les espoirs de son père en se mariant à miss Nancy Lammeter. Dans sa lâcheté, il remet toujours à plus tard le moment de tout avouer à son père et de sceller son destin.

Un soir, alors qu’il vient de tuer le cheval de son frère qu’il devait vendre pour rembourser une dette, Dunsey entre chez Silas Marner. Il lui vole tout son argent, puis disparaît. Quelques temps plus tard, le vieux tisserand trouve au pied de son foyer un bébé. C’est la petite fille de Godfrey dont la mère vient de mourir dans son jardin alors qu’elle venait demander justice au père indigne.

On pourra trouver à Silas Marner le charme un peu désuet des romans anglais du XIXe siècle. Mais pour ma part, je ne lui ai pas trouvé beaucoup de charme. Les personnages sont tous assez ternes, l’intrigue plutôt ténue durant la première partie (deux cent trente pages, quand même) et la fin terriblement morale. Et pas un brin d’humour pour alléger ce triste tableau. Bien sûr, la peinture de l’Angleterre rurale est certainement très réaliste et certains aspects psychologiques sont touchants. En particulier l’amour de Silas pour l’enfant qu’il en vient à considérer comme sa fille.

Mais c’est trop peu à mes yeux pour en faire une lecture mémorable et marquante. Je crois que c’est l’aspect moralisateur et démonstratif qui m’a le plus gênée. Le père absent puni, l’homme racheté par l’amour d’un enfant, l’amour pur de deux jeunes villageois, le peuple victime de l’alcool et de la drogue, les riches irresponsables… Ça fait beaucoup surtout quand le propos est dénué de toute légèreté.

 

Silas Marner

George Eliot traduite de l’anglais par Pierre Leyris
Gallimard (Folio n°1191), 1980
ISBN : 2-07-037191-3 – 316 pages – épuisé dans cette édition

Silas Marner, parution en Grande-Bretagne : 1861





45 réponses à « Silas Marner de George Eliot »

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