Enfin la nuit de Camille Leboulanger

Je pourrais le faire court : « belle couverture, post-apo, cf. La Route en moins bien ». Mais un premier roman mérite mieux, même si j’ai peiné à le finir malgré son petit nombre de pages.

Une société de peu après la catastrophe, dont la conséquence immédiate est le jour permanent. Beaucoup de morts ou de disparus, quelques survivants. Ces derniers ne sont pas malheureux, pas encore en tout cas, il y a toujours l’eau courante, à manger dans les magasins, un peu d’essence. Des trains aussi, au moins un, qui doit emporter tous les rescapés vers une destination inconnue.

Il y a aussi Thomas, ancien flic, dont la femme est partie, et Sophie, seize ans, qui vit seule dans une grande maison et décide de suivre Thomas, vers on ne sait où. Ils croisent d’autres personnes, en couple ou petit groupe, pas toujours hostiles mais pas toujours bienveillantes non plus. Et puis voilà… Ah non, il y a aussi Etienne, qui lui parle à la première personne, ancien flic aussi, qui ressemble terriblement à Thomas.

On pédale, on mange, on sympathise ou pas… même sur moins de deux cents pages, c’est un peu long. Pas d’objectif, pas d’évolution des personnages, pas d’enjeu narratif, pas de réflexion sur le pourquoi du comment on en est arrivé là. Ça pourrait être une rêverie sur l’état du monde après le monde actuel, mais le roman n’est pas assez descriptif et réflexif pour ça.

Je ne vois pas bien où le jeune Camille Leboulanger veut en venir, ni à quoi sert cette étrange construction (un personnage à la première personne, un autre à la troisième), j’ai cru à une schizophrénie, mais non. Je reste donc assez étrangère à ce texte dont la portée m’échappe et dont l’écriture est bien trop travaillée, presque maniérée, pour faire un style.

 

Enfin la nuit

Camille Leboulanger
L’Atalante, août 2011
183 pages, 12€







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