
Mécaniques du ciel est une fiction très largement romancée à partir de la vie de Konstantin Tsiolkovsky, le père fondateur de la recherche spatiale russe (soviétique, en fait). Quand on fait sa connaissance, il n’est que Kostya, un petit enfant né à la fin des années 1850 dans l’immense Russie. Ce qui marque d’emblée le lecteur ce sont les terribles conditions de vie de cette famille trop nombreuse, le climat épouvantable et l’infinité du paysage. Le petit Kostya n’a de cesse de calculer combien de verstes le séparent des grandes villes de l’Empire. Il calcule, mais les chiffres ne concrétisent rien alors il invente des moyens de comprendre l’espace, puis des machines de plus en plus complexes qui étonnent même d’éminents membres de la très auguste société russe de physique et de chimie. Tout seul dans son coin, il bricole le petit Kostya que la scarlatine a rendu pratiquement sourd.
Puis Kostya grandit, devient Konstantin et part étudier à Moscou. Mais il n’a pas d’argent, a raté son certificat d’études et doit se contenter de fréquenter les bibliothèques plutôt que les universités puisqu’il ne peut entendre les cours. Jusqu’au jour où un excentrique bibliothécaire lui soumet un ouvrage qui va bouleverser sa vie : De la Terre à la Lune d’un certain Jules Verne. Alors l’homme envisagerait de se rendre sur la Lune… pourquoi pas. Et le cerveau génial de Konstantin se met en branle, obsédé par les voyages spatiaux, imaginant toutes sortes de théories pour arracher l’homme à la Terre malgré les lois physiques qui s’y opposent. On ne connait guère alors que les montgolfières et les ballons, il va falloir être inventif…
La première partie du roman, qui présente l’enfance de Kontantin dans un milieu difficile, est tout de suite prenante. Tom Bullough évoque avec force et poésie la beauté comme la dureté du paysage, l’implacabilité des éléments et la fragilité humaine. C’est la partie la plus intéressante du roman. Konstantin étudiant puis professeur à la petite semaine est moins réussi à mes yeux, surtout parce que le roman est truffé de démonstrations théoriques sur des phénomènes physiques et astronomiques que je ne maîtrise pas le moins du monde et qui ne m’intéressent pas, surtout dans un roman.
Il s’agit bien plus ici d’une évocation que d’une biographie. Elle commençait sur un mode poétique autour d’un enfant génial que son milieu ne supposait pas. Puis le propos s’oriente malheureusement vers la théorie scientifique et perd le lecteur qui s’était attaché à ce petit garçon qui rêvait d’espace.
Mécaniques du ciel
Tom Bullough traduit de l’anglais par Marie Boudewyn
Calmann-Lévy, 2012
ISBN : 978-2-7021-4333-9 – 258 pages – 18.90 €
Konstantin, parution en Grande Bretagne : 2012
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