
Un roman policier historique se déroulant dans les tranchées durant la Première Guerre mondiale, cela parait bien improbable. De fait, alors que des milliers d’hommes meurent chaque jour sous les balles et les bombes, à quoi bon chercher le meurtrier d’un seul ? C’est ce que tout le monde répète à Célestin Louise, flic de son état et héros récurrent de Thierry Bourcy, pour l’heure simple soldat, s’embourbant comme les autres à la cote 512, quelque part non loin de Soissons.
Alors qu’il aurait pu rester flic à Paris, Célestin Louise choisit de partir pour le front : il veut se battre, participer à la victoire qui ne va pas tarder. En ce mois d’août 1914, il est comme les autres, plein d’illusions. Les combats et les terribles conditions de vie les lui font perdre rapidement. Il voit et vit le pire et doit se battre. Ce qu’il voit aussi c’est son jeune lieutenant, Paul de Mérange, tomber au cours d’un assaut. Mais la balle qui l’a tué vient du camp français : il a été assassiné et Célestin Louise entend bien découvrir l’identité du meurtrier. Le flic en lui prend le dessus, enquête, et parvient même à obtenir une permission au cours de laquelle il se rend chez la veuve de Paul de Mérange pour essayer d’en savoir plus. Car il sait que son lieutenant était homme à femmes et que sa jeune épouse le vivait très mal.
Tout m’a semblé aller bien trop vite dans ce roman de Thierry Bourcy bien trop court pour qu’on en apprécie les personnages et l’intrigue. Celle-ci est assez pauvre, voire simpliste, il est clair qu’elle sert de prétexte à un roman sur la guerre. La mobilisation, l’acheminement des soldats, leur installation, tout ça est évoqué rapidement, comme une suite d’épisodes. Les personnages sont esquissés, trop superficiels pour qu’on s’y intéresse vraiment. Quant à l’enquête elle-même, elle demeure tout du long improbable.
La cote 512 étant le premier volume d’une série, j’imagine que les personnages de Thierry Bourcy s’étofferont de livre en livre. Ce qui m’a le plus déplu, c’est l’impression de lire une succession de passages obligés (l’enthousiasme à la mobilisation, la gare bondée, les camarades, l’assaut, l’hôpital de fortune et son médecin surmené, les gaz, l’arrière qui se la coule douce – tout ça (et plus) en 240 pages…). On dirait plus un documentaire sur la Grande Guerre dans lequel on doit mettre toutes les grandes scènes attendues. A vouloir trop en dire, l’auteur perd l’individu au profit d’une vision globalisante qui ne touche guère le lecteur tant elle reste à la surface des êtres.
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La cote 512
Thierry Bourcy
Gallimard (Folio Policier n°497), 2010
ISBN : 978-2-07-034443-7 – 253 pages – 6.60 €
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