Dans ce film d’Agnès Merlet, tous les membres masculins de la famille Furlong portent la malédiction : un pouvoir qu’ils ne peuvent contrôler et souvent destructeur. Enfant, James (Harry Treadaway) sait qu’il est lui aussi très certainement porteur d’un don particulier, qu’il essaie de déclencher : pourquoi pas voler comme Superman ? Il atterrit dans le champ de son père suite à un vol plané et autour de lui, toute la végétation se dessèche et les vaches meurent.

La colère paternelle suite à l’incident déclenche une autre crise chez l’enfant, et sa peur provoque l’asphyxie des deux derniers membres de sa famille, son père et sa grand-mère (sa mère est morte en le mettant au monde).

Voilà James placé dans une institution pour garçons en attendant de trouver une famille d’accueil. Ce qui ne sera pas nécessaire puisque James provoque la mort de tous les garçons quand ceux-ci se mettent à lui taper dessus au sortir des douches. Tous sauf un, Liam (Thomas Brodie Sangster), qui y laissera quand même ses poumons.

Quelques dix ans plus tard, le spectateur du film d’Agnès Merlet découvre Mae (Rachel Hurd Wood), une jeune fille atteinte d’une tumeur cancéreuse incurable. Elle décide de quitter l’établissement dans lequel elle vient d’être opérée pour la seconde fois. Sans rien d’autre en poche que son baladeur, elle pénètre dans la forêt. Elle découvre une cabane au milieu d’un espace où toute végétation semble avoir brûlée. Dans la cabane : James qui vit en homme des bois depuis des années.

Elle porte la mort en elle ; il porte la mort en lui. Aucun des deux jeunes gens n’a d’avenir mais ils se sentent attirés l’un par l’autre car ils sont aussi très seuls au monde en raison de leur tragique destin. Ils passent quelques temps ensemble mais Mae décide de rentrer car sa mère a engagé des recherches pour la retrouver. Quand elle quitte la cabane, la végétation a repris timidement vie.

Le film d’Agnès Merlet emprunte à la fois au conte (l’orphelin, la malédiction, la cabane isolée dans les bois…) et à la tragédie. James comme Mae sont des personnages différents, qui ne peuvent vivre comme et avec les autres. Ils sont liés à la mort malgré leur jeunesse, mais aussi liés par l’amour. Le troisième personnage, Liam (ami trahi de l’un, amoureux de l’autre) est le bras armé d’une vengeance aveugle et inutile. Tous trois sont impuissants face au poids du destin.

C’est un conte tragique que nous donne à voir Agnès Merlet, tragique et sombre mais aussi une belle histoire d’amour qui évite de justesse la mièvrerie et les clichés. On est de toute façon séduit par la beauté des images, que ce soit les paysages, la forêt ou les magnifiques yeux de Rachel Hurd Wood. Tout flotte dans une ambiance onirique qui porte à merveille ce fantastique surréaliste. Les jeunes acteurs portent le film avec sensibilité et justesse et séduiront certainement un public adolescent.

The Last Son (Hideway)
Agnès Merlet, 2011







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